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Et de La Pastèque en plus ! Ce qui m'a frappé de la critique Jimmy Bigfoot de Pascal Girard est : (1) "C'est, et de loin, le texte que j'ai lu jusqu'à maintenant qui reflète le mieux notre «parlure», sans pour autant trop abuser de syntaxes fautives ou d'anglicismes inappropriés". Être une bédéiste, j'aimerais donc ça un tel compliment. Je rougirais de plaisir. Et j'y pense ... peut-être que Pascal Girard rougirait lui aussi. De plaisir. Ou de gêne, qui sait ! (2) Ce détail est un petit clin d'œil vraiment amusant, que certains lecteurs qui referment leur bouquin trop rapidement, une fois terminée, rateront sûrement ! Ça m'amuse, je sens le prof en toi ! Enseigner n'est pas loin du désir de partager. J'entends dans ces paroles un message : ouvrez bien vos yeux, c'est souvent dans les petits détails qu'on trouve des trésors. (3) ... certains mots sont difficiles à décoder!! Généralement, dans les phylactères, ça va... C'est sur les affiches qui décorent les murs que Girard joue avec nos yeux... et nos nerfs!! Il m'a fallu sortir ma loupe pour découvrir le nom de l'école secondaire... et elle m'a permis, finalement, de lire le commentaire que Jimmy lance en quittant le dépanneur, à la sixième vignette de la page trois ... Hi Hi, là j'ai souri en lisant "dans les phylactères, ça va". Mais alors tout vam me suis-je dit, que peut-on lire sinon !? C'était oublier ce que je venais justement d'affirmer, les détails révèlent des trésors. Les pancartes, les affiches, les couvertures de livres, les noms d'édifices ... Rien n'est laissé au hasard habituellement. S'il y en a une qui devrait le savoir, c'est bien moi ! MARSI s'amuse tellement à donner du sens à chacun de ces petits écrits ... mais pas trop petit ;-) À vos loupes ! J'exagère un peu ... à vos lunettes ! À vos lorgnons ! Et les mieux nantis, À vos yeux grands ouverts ! |
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Bien non, je n'ai pas perdu ma langue, et ne l'ai pas non plus donné à mes chats. Pourtant, la vie aujourd'hui a bien essayé de déjouer mon intention en m'envoyant d'urgence chez l'optométriste pour un vitré qui s'affaissait. Comment l'ai-je détecté ? Par des mouches volant dans mon champ de vision, et qui sont d'ailleurs là pour rester, mais que, parait-il, mon cerveau va finir par estomper (brave cerveau va !). Phénomène normal pour une personne de cinquante ans et plus qui est sévèrement myope, mais tout apparait effrayant quand on parle de l'œil, n'est-ce pas ?! Mais, même si c'est normal, ça peut entrainer des complications, pas moins qu'un décollement de la rétine. C est arrivé à mon frère, lui aussi très myope, ce qui l'a mené à trois opérations ; deux au laser et une avec le bistouri. Vous imaginez combien j'avais à cœur de passer les tests d'usage dans un tel cas : champ visuel Humphrey et un autre sous dilatation (cycloplégie) ! Finalement, tout est beau. Seule recommandation : pendant six à huit mois, porter attention au moindre changement de ma vision et avoir à l'œil les flashs ou les éclairs. Et repasser le test à la fin de cette période. Nous pouvons donc aller vivre notre vie de châtelains en toute quiétude. Eh oui, imaginez-vous donc que demain matin, nous quittons pour le Château Frontenac à Québec. Je n'aurais jamais cru qu'un jour se soit réalisable, à moins de gagner un bon magot, et encore ! Tout a commencé par un besoin de repérage pour le projet « Colis 22 », roman graphique en cours par mon bédéiste préféré, MARSI. L'action se déroulera entièrement dans la ville de Québec, ville qu'il adore, et une partie de l'action entre les hauts murs du Château Frontenac. MARSI est un homme qui se délecte de détails, dans son dessin et dans ses textes, il n'était donc pas question d'y aller à peu près. Comment faire pour obtenir une permission de déambuler dans des suites présidentielles et, pire, prendre des photos ? Et connaître certaines habitudes dans les ascenseurs, escaliers, à la réception notamment. De fil en aiguille, mais surtout de coups de fil en coups de fil, l'assistante directrice des relations extérieures du Château acceptait de nous rencontrer pour une visite adaptée à nos besoins. Ce n'est pas tout, coup de pouce du hasard, j'ai appris que tout le mois de novembre, c'est la promotion « Noël en novembre » au Château, pour les résidents de la province de Québec seulement. Les chambres bas de gamme sont donc à 129 $ la nuit. J'étais soufflée, moi qui m'imaginais toutes les chambres tourner autour du 400 $ la nuit. Qu'est-ce que vous pensez qu'on fît ? Eh oui ! Nous y serons deux nuits et j'ai bien hâte de voir l'effet que va me faire, cette sensation de richesse. Le « rouler sur l'or » m'indispose pour le côté factice et cette idée qui s'incruste en moi ; pourquoi tant de richesse quand certains sont démunies. Mais cette fois, la vie qu'il y a entre ces murs, la richesse de l'histoire m'interpelle. Entre ces murs, il y a une histoire à lire. Et je compte bien me faire lectrice.
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... qui dort, dort, dort à poings fermés ! PG Luneau se sent seul et que je le comprends donc ! Moi aussi, je me sens seule ici, malgré une Lucarne débordante de vie et de personnages hauts en couleurs ! C'est que dans ma tête, quand je l'ai monté cette Babillarde que je voulais libre de ces mots, d'en dire mille ou un, je la voulais régulière bien sûr. La régularité a bien meilleur goût dans la blogosphère amicale. On aime pouvoir compter sur ... et puis, c'est pas d'un cimetière que l'on veut ! Ça, je le comprends. Pourquoi la Babillarde ne s'ouvre pas plus souvent le clapet alors ? Je reviens au fait que je me sens seule. C'est que je me voyais en tandem, je pensais sincèrement que je serais les mots, tandis que Marsi, l'image, que nous serions des compagnons très étroitement liés. Je croyais que je m'inspirerais de l'image présentée de son côté à lui. Parce que derrière les images d'un illustrateur, il y a énormément de mots à dire. Parce que le travail, le cheminement, la procédure, la démarche, la source de l'inspiration, tout cet « AVANT » l'image, j'en suis témoin. Un témoin privilégié. Et de cela, assurément, je voulais m'entretenir avec vous sous le mode badin mais jamais banal. Sur le mode simple de la conversation sans prétention. Pas nécessairement disserter, étayer, et beaucoup penser avant d'écrire, parce que ça, voyez-vous, je le fais suffisamment. J'ai ma ration. Et puis, ce n'est pas du tout ce que j'ai fait ou ce que je fais ... parce que mon Marsi, eh bien, il brille par son absence ! Je n'avais qu'à ne pas penser qu'il serait mon moteur, qu'il m'entraînerait dans le sillon de ses images. D'ailleurs, au début, c'était la frénésie, il en a tellement publiées ! Et puis ARRÊT. A-t-il vu un panneau « ARRET» que je n'aurais point vu ? Bien évidemment, l'artiste du stylo et du stylet aurait des dessins à faire paraître sur le Pigeonographe. Il a fait de belles, de vraiment belles choses. Par exemple des logos, étiquettes pour l'entreprise de fabrication de jus de rhubarbe La Rhubarbelle, design d'un site, et même de deux.. Avant d'arriver à une « marque de commerce » libellée, il y a énormément de tâtonnements et les tâtonnements sont très jolis parfois. Pensez-vous que je vais vous laisser sur cette odeur de défaitiste à plein nez ? Mais non, bien sûr que non ! Vous me connaissez mieux que ça voyons !! Au Pigeonographe, pour quelque raison que ce soit que je n'ai pas réussi à cerner complètement, Marsi ne se sent pas confortable. Coincé, je crois. Oui, peut-être coincé. Ça a besoin de place les artistes, faut-il croire. Et vous allez avoir une occasion de le croire bientôt, puisque Marsi s'en vient avec un site juste pour lui. Non... non ! Là, je ne dis pas les choses correctement. Je le vois dans ma tête et il fronce les sourcils ; je le fais passer pour un égocentrique. Je me reprends tout de suite, ce n'est pas lui qui a besoin de place, c'est son personnage qui en a besoin. Oui, son personnage. Je ne peux dévoiler son nom, vous le présenter avant qu'il vous le présente, ça ne se fait pas (promis, je vous dirai tout « après »). Mais, ce que je peux présentement vous révéler parce que ça, ça m'appartient entièrement c'est que le personnage qui va naître dans son espace à lui, je dirais même son pays (!), j'y suis très attachée. Je l'adore ! Littéralement, je l'adore parce qu'il a la candeur et l'intellectualisme de Marsi (c'est Marsi en fait, mais chut, n'allez surtout pas le lui dire hein, il ne faut pas qu'il en prenne trop conscience, pour la magie hein, on se comprend bien là ?). Il est déjà aimé ce personnage et pas seulement de moi. Des amis aussi. Qu'ils l'ont rencontré, et ri. Il s'en vient, je voulais vous le dire. Au mois de septembre, c'est certain. C'est vague ? Marsi reste dans le vague, il ne veut décevoir personne, et surtout pas ma hâte. Mais cette naissance sur un autre site, eh bien, j'ai confiance que cela va donner l'air d'aller à Marsi pour nourrir ses pigeons affamés. Je viens de vous écrire ce texte d'un flot avec à peine de retouches ou de retours en arrière, et je me passe la remarque : "mais pourquoi donc, je ne babillarde pas plus souvent moi !?" *** photo de l'arrêt stop prise par la Babillarde à Barachois, Gaspésie |
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Tout ça pour expliquer que nous étions un peu pressés (comme toujours quand on quitte nos pantoufles !) mais je tenais quand même à vérifier mes messages. C'est donc moi qui aie découvert le nom de Marc Simard parmi les récipiendaires du concours. Si vous voulez voir ce que j'ai vu et ainsi prendre connaissance des autres noms et des quelques explications, je vous invite sur le site de l'illustratrice Orbie, vous n'avez qu'à cliquer ICI. Normalement, je n'aurais pas ouvert le courriel. J'aurais plutôt appelé Marsi puisque, même avec de moins en moins d'espoir (l'annonce devant se faire le 1er mai), nous attendions encore des nouvelles. C'est Orbie, avec qui j'échangeais des courriels depuis quelques jours, qui m'a annoncé qu'elle était deuxième. Elle exultait de joie ! Quand j'ai lu le nom de Marc Simard en sixième, j'ai crié « Marc !... MARC !... MARC !... VITE !!!... Viens voir !!! ». Il était sur la mezzanine et se demandait bien qu'est-ce que j'avais à me déchaîner ainsi ! Quand il a enfin vu et lu, il était bien sûr très content ... à sa manière ; s'il a bondi, cela a été un saut à l'intérieur ! Par contre, il a vite accroché au fait qu'on le nomme « Marc Simard ». Il a tout de suite rédigé un courriel et Glénat-Québec qui, à leur tour, ont rapidement corrigé l'erreur en envoyant un deuxième courriel (mais pas à nous). Nous l'avons constaté la correction via un deuxième courriel d'Orbi qui venait ainsi d'apprendre que le fameux Marc Simard était nul autre que MARSI. Elle en était toute contente ! Au Salon du livre de Québec, en face de ces deux bédéistes, j'avais souhaité très fort qu'ils remportent tous les deux. On s'était dit combien cela serait merveilleux. Orbie vient de Gaspésie, mais c'est par son blogue que je l'ai « rencontrée ». Tandis que le jour où nous l'avons vue en Gaspésie au Café Couleurs, notre bistro de prédilection à Barachois, nous ne savions pas du tout que nous étions face à Orbie. Le recoupement s'est fait pendant le moment de la dédicace de Miam miam fléau au Salon du livre de Québec, où j'ai appris qu'elle avait entendu de MARSI par le Passe-Mot ! (voyez mon gros sourire ici). Ce qui est merveilleux dans cette expérience collective, c'est que, "prête ou pas prête" (oui, oui, ce sera prêt !), cet album à six mains sortira en fin d'année 2010. Pas de "deux ans et demi" d'attente !! Marsi a à fournir six planches (pages) en raison d'une à chaque début du mois jusqu'en août. Pour être éligible au concours, il en a soumis déjà deux, plus le synopsis (résumé) dont le thème est "Une partie de pêche". Ce mois-ci, il soumettra une page couverture. C'est Glénat/Québec qui se réserve le droit de choisir la page couverture qu'il juge adéquate parmi les six soumises par les récipiendaires. Marsi est à la coloration de ses deux premières pages présentement, ce qui devrait normalement être déjà complétée. La faute en est à son virus informatique qui lui a fait perdre ses derniers travaux, dont sa coloration. Heureusement que le dessin est exécuté à la main ! Mais il va s'en sortir, et cette fois, il se promet de ne pas travailler dans le stress de la dernière minute. Il en a marre ! Tant mieux :-) Voilà sa carrière bien engagée. Je suis comme la petite grenouille ci-dessus et je bondis et je crie YOUPI ! |
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Au Passe-Mot, mon compte-rendu a abordé le côté roman plus que celui bandes dessinées, à une exception près, Ben. D'ailleurs, je m'ennuie de Ben et Olivia, mon couple à la retraite, je n'ai même plus le temps de les visiter ces temps-ci. Du coup, ça vous donne l'indice ultime du pourquoi j'apprécie tant ce couple : leur vie tranquille, mais pas plate ! Ce juste équilibre dans l'activité, j'aime le lire faute de le vivre ! Je pénètre de plus en plus l'univers de la bande dessinée et je l'ai réalisé plus que jamais au Salon. Par l'attraction. Mes pieds se dirigeaient irrésistiblement vers le secteur bande dessinée. On peut y voir l'attraction des énergies, une force inconnue des mondes parallèles qui guide mes pas ou, plus prosaïquement, voir que cette section occupe le neuvième (art !) du Salon. Peut-être un huitième. S'y trouvent deux tribunes publiques : un espace conférence avec une cinquantaine de sièges (j'ai attrapée celle de Michel Rabagliati et Philippe Girard à la fin, j'étais déçue) et une autre avec un écran où le bédéiste invité dessine devant nous. J'ai assisté au dessin en direct de Leif Tande, c'était très amusant ! Tout le monde riait de bon cœur ! Une fois mes jambes reposées, je me promenais dans l'allée des kiosques de bandes dessinées, les yeux écarquillés, à la recherche de trésors pour mon Marsi qui, lui, était attablé à ses dédicaces au kiosque La Pastèque. Je lui ai déniché une planche imprimée, numérotée et signée Régis Loisel (le manitou de Magasin Général) représentant l'impudique fée Clochette, une revue de Québec Bazzart, numéro spécial BD, et j'ai attendu pour la superbe dédicace de Philippe Girard « Tuer Vélasquez » selon son désir. Marsi a aussi fait l'acquisition de « Jimmy et le Bigfoot » de Pascal Girard. Mon petit nombril de Pascal Colpron et le dernier et non le moindre, un superbe album carré et bleuté de 376 pages « L'origine de la vie » de Leif Tande. Marsi y a été de sa collecte de deux albums collectifs des étudiants finissants de l'EMI (École Multidisciplinaire de l'image) où Sylvain Lemay enseigne l'histoire, la sémiologie et la scénarisation de la bande dessinée. Nous en avons profité pour rapporter le collectif qu'il a dirigé Regards sur la bande dessinée aux éditions Les 400 coups. On s'est gâtés que je vous dis ! Mais la cerise sur le sundae a été ce souper La Pastèque au Bistro du Clocher penché, vécu comme une bulle en dehors du temps en compagnie des bédéistes Paul Bordeleau - Faüne, Michel Rabagliati, - Les « Paul », Leif Tande, Pascal Colpron «Mon petit nombril » et bien sûr, mon Marsi - Miam miam fléau (sorti en France cette semaine !). Je me suis passé une remarque à la suite de ce souper en égard aux cinq bébéistes autour de cette table animée : tous des hommes allumés et sensibles, ces bédéistes. De cette sensibilité qui s'explose dans la création. Délicieux souvenirs. |
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Premièrement, Marsi a participé à un concours pour bédéiste tenu par la maison d'édition Glénat Québec (Hachette). Il devait envoyer deux planches de BD et un synopsis pour le 1er avril avec pour thème « Une partie de pêche ». Et ce n'était même pas un poisson d'avril ... malgré que nous avons bien failli nous en jouer un à nous-mêmes ! Arrivés au bureau de poste 25 minutes avant la fermeture du concours, tendant notre paquet pour l'étampe en faisant foi, essoufflés, blancs et le cœur battant, nous étions à temps ! Manière de parler, puisqu'il y a une des planches qui est partie blanche. Marsi aurait bien sûr préféré avoir le temps d'y apposer de la couleur mais quant à bâcler, il a décidé de laisser le soin au receveur de l'imaginer colorée ! La première l'était, colorée, et l'encre à peine sèche. Marsi l'a retravaillée juste après l'avoir postée pour l'avoir et la voir vraiment à son goût de perfectionniste. Et après tout ce que je viens de vous révéler ; pensez-vous que Marsi a des chances de gagner ce concours? Eh bien, moi, j'y crois encore et toujours. J'y croirai jusqu'au premier mai (la réponse), parce que pour participer à des concours, il faut être d'authentiques croyants ! Passons à un autre concours. Celui-là nous occupe en gériboire ! Et c'est loin d'être terminé puisqu'il dure 10 semaines. Vous pouvez y participer, si vous tenez à voir s'envoler votre temps en fumée ! Attention, ce concours n'a rien de littéraire, rien d'esthétique, rien d'intellectuel. Il fait appel à toutes vos qualités, surtout la patience de l'acharnement. Je ne sais pas si vous écoutez la série Musée Eden à Radio-Canada, mais ces jeux en sont un produit dérivé, si je peux m'exprimer ainsi. Jusqu'à date, pas besoin d'écouter les émissions, il s'agit de savoir jouer, point. Parmi les 10 meilleurs joueurs par leur moyenne de 10 jeux sur 10 semaines sera tiré un voyage à Londres, rien de moins. Pendant les trois premières semaines (3 premiers jeux), Marsi se tenait bon premier. Cette semaine, il a pris une « débarque » (du mauvais québécois), disons plutôt qu'il a frappé son Waterloo. Mais son dernier coup de stylet n'est pas donné (ça peut se faire à la souris aussi, pour le commun des mortels). Même si vous n'avez pas commencé le premier jeu dès la première semaine, ce n'est pas grave, vous pouvez commencer maintenant. Et si vous n'avez pas l'ambition d'aller à Londres, les jeux sont très, très amusants, vous pouvez vous y adonner pour le plaisir seulement. Mais attention, le plaisir croit avec l'usage. Alors, danger. J'y joue moi aussi mais je n'ai jamais été dans les dix premières, je me démarque à mon préféré « Le compas dans l'œil » (ça fait pas mal) où je suis 27e. Autre concours, celui-là est pour vous qui aimez les babillardes dans sa définition de lettres. La chose épistolaire. J'en ai bien sûr parlé au Passe-Mot. Ce concours de la Poste restante qui, habituellement, a lieu pendant l'événement des Correspondances d'Eastman s'offre à vous avant, et je trouve que c'est une excellente idée. La lettre qui devance votre présence. La lettre qui enlève de la distance entre vous et les Correspondances d'Eastman. Les prix ont un rapport direct avec la lettre au sens large, y compris des coupons cadeaux de chez Archambault ou de beaux livres de chez Hurtubise, des cafés littéraires gratuits, le stylo laisser-passer. Et plus. Comme il s'agit d'écrire une lettre, il me semble que le syndrome de la « page blanche » se fait moins intense, il s'agit simplement de bien se représenter la personne à qui on s'adresse, et puis, hop les mots coulent vers elle. J'ai aussi organisé mon premier concours, toujours sur Le Passe-Mot. J'ai tout simplement adoré ça ! L'expérience m'a procuré un effet de tangible. J'ai senti plus que jamais que les lecteurs sont là, en vrai de vrai et aime la lecture pour vrai de vrai, que l'on n'est pas des personnages de roman ! Je m'en doutais, remarquez. Alors "BONS CONCOURS" et, surtout, amusez-vous ! Y paraît que vous aussi, vous avez toute pour .. |
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Marsi réfléchissait à sa présentation depuis quelques semaines. Perplexe par la question de l'organisatrice « désirez-vous un écran ? », il se demandait qu'est-ce qu'il avait tant à offrir ; des mots, seulement des mots ; comment arriverait-il à capter l'attention de cette jeunesse pleine de vie ? C'est une chose que de présenter un bref exposé dans une classe du primaire chauffée à bloc par le prof qui a déjà fait lire l'album (étant presqu'attendu comme un héro !) suivi d'exercices avec les enfants sur Miam miam fléau et une conférence, ce mot terrible qui appelle certains images de ronflements d'ennui confiné à son banc. Marsi a trouvé la forme que prendrait sa conférence en m'arrivant un jour avec cette idée : je vais m'auto interrogé. J'ai tout de suite imaginé Marsi sauter comme un kangourou, sortant et rentrant dans ses rôles d'interviewer, intervieweur ... J'avais des doutes, l'idée n'étant pas que la forme comique occulte le message. Mon homme est un drôle de bonhomme mais il n'est pas un humoriste de métier. « Tu n'as jamais pensé à me demander de t'interroger ? » fut ma question, « Oui, mais je ne voulais pas t'imposer ça » fut sa réponse. Marsi a préparé les questions que j'ai lues l'avant-veille et nous avons « fait semblant » de s'interviewer la veille. J'ai réalisé tout à coup qu'il serait intéressant quand Marsi parle de ses personnages qu'il puisse les dessiner sur un tableau. Nous n'avions pas pensé à le demander ... au lieu de l'écran. C'est donc quelques heures avant notre prestation, nous avons déposé notre requête sur le répondeur de l'organisatrice. Nous nous retrouvâmes sur la scène d'une chapelle, moi assise sur un tabouret haut, Marsi debout devant un tableau vert qui avait fait, non pas la guerre, mais les guerres. Il était abîmé et crevassé, à peine si nous discernions le dessin de Marsi. Nous allions donc miser sur nos mots, qu'ils soient assez bondissants pour rejoindre ces jeunes. L'interview devant le secondaire 2 a été une expérience des plus heureuses ; les jeunes gigotaient sur leur chaise, fébriles, nerveux, éveillés, nous entendions des grappes de rires et d'excellentes questions. Marsi avait augmenté son énergie, il donnait tout son jus, je l'encadrais de mes questions, ne l'animant nullement puisqu'il le faisait lui-même. Les profs ont eu des questions très pertinentes, impliquées, une très belle ambiance, nous étions contents, ce n'était pas si terrible finalement. Fort de cette expérience, il s'agissait de tout de suite enchaîner avec le secondaire 3. En partant, c'était clair que nous n'avions pas du tout affaire à la même énergie, celle-ci canalisée vers un but : ne pas avoir l'air trop intéressé. Comme j'ai tendance à foncer dans ce genre d'écran quand j'en vois un, histoire de soupeser son épaisseur, j'ai demandé qui aimerait devenir auteur de bande dessinée. Euh ... personne !! Pourtant, ils n'avaient pas encore posé la dizaine de questions pour évaluer si c'est un métier payant ! Faut dire, à leur décharge, qu'ils n'avaient pas vu l'album auparavant, encore moins lu. Marsi a eu un peu de difficulté, en partant, son énergie était plus basse, si on rajoute des réactions différentes qui sont arrivés à le déconcentrer, pour ne pas le déconcerter. De mon côté, j'ai eu la surprise de me voir m'adapter à cette énergie, faisant glisser mon humeur vers du plus « cool », me sentant tout à coup légère, comme si rien n'était grave et sérieux dans la vie. Plus détendue, j'ai osé quelques blagues pas osées mais qui ont été interprétées dans ce sens (je vous laisse deviner lequel, de la part de jeunes attaqués par un trop-plein d'hormones). Pourtant, une année de différence seulement avec le groupe précédent ! Nous avons beaucoup apprécié le respect qu'ils nous ont porté malgré que le sujet semblait les intéressés plus ou moins. La période de questions a commencé avant le signal, ce qui fut une excellente initiative de leur part. Un jeune homme s'est acharné à en poser cinq ! Un autre en a posé une qui m'a surprise, c'était la première fois que je l'entendais celle-là : « Accepteriez-vous que votre histoire soit portée en dessins animées ? ». J'ai appris les réticences de Marsi en même temps que tous. Il allait férocement surveillé comment ses personnages aillent vivre sur pellicule. À noter que les questions de l'ordre mercantile ; combien ça rapporte, en vit-on, est-ce qu'on peut se passer des maisons d'édition sont restés à l'avant-scène. On prépare son avenir en hommes d'affaires à cet âge-là ! Nous nous en sommes sortis sains et saufs et comme pour toute expérience, nous avons appris. Et probablement autant ou sinon plus que les jeunes ! |
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Commençons par le téléviseur. Une envie de grandeur s'est emparée de moi (voyez, je m'exprime, comme si c'était en dehors de moi !), je voulais voir grand. Mon petit téléviseur carré que j'endure depuis 5 ans, cette petite boîte qui m'empêche de bien lire quand on y projette des mots. Vous voyez, encore une histoire de mots ! Ça me frustre sans bon sens quand, même les yeux plissés, j'invente plus que je lis et dois donc me résoudre à demander à Marc de lire pour moi. Vous voyez tout de suite que cela ne s'accorde pas à la femme fière que je suis ! Bon, maintenant, quant à acheter un grand téléviseur, aussi bien y aller avec la technologie ; écran plat plasma ou ACL ? Après étude, et surtout une heure chez le dépositaire, ce fut écran ACL. Pas trop de surprise jusque là. Ce que vous ne savez pas encore, nous n'avions pas le câble, alors imaginez la figure du vendeur quand la transaction conclue, nous lui avons parlé de nos oreilles de lapin qui captent 3-4 postes. Il est arrivé à ne pas rire mais disons que beaucoup de son énergie est passé à se serrer les lèvres. Pour que ça fonctionne vraiment un écran plat, il faut se câbler, nous nous sommes donc câblés. Encore là, plein de décisions à prendre, par exemple, haute définition ou pas. J'ai passé pas loin de 2 heures avec le fournisseur, car j'oubliais toujours d'une personne à l'autre de commencer par le commencement : nous partons d'oreilles de lapin. L'autre achat qui m'a tant ému, troublé, bouleversé : un couvrepied tissé sur large métier à tisser. Nous avons été le chercher directement sur un genre de mezzanine fermé (avec des aspects de grenier) au deuxième du club de l'âge d'or de Eastman. J'ai été tellement impressionnée de voir ces gigantesques meubles en bois, avec des milliers de fils. J'ai demandé combien cela prenait de temps installer le métier avant de commencer à tisser. On m'a répondu : 2 semaines ! Tandis que le tissage à deux femmes, donc quatre mains, une semaine, la dame rajoutant que ça dépend aussi de l'entente (la coordination j'imagine) entre les deux tisseuses. C'est une dame autour de soixante-quinze ans, la chef d'équipe des tisseuses, très fière, qui nous a invités à l'ouvrir à la grandeur pour que l'on vérifie les couleurs ... et la lourdeur ! Nous aimons être enveloppés d'une couverture qui nous tient entre ses bras chauds, mais qui nous laisse respirer, puisque ce drap épais de fibres est fabriqué 100% de coton. Il va durer deux vies d'êtres humains, nous a-t-elle déclaré en riant. Retour dans le passé où ce genre de couverture se léguait d'une famille à l'autre. Un objet qui est plus qu'un objet, car remplie de vie par l'énergie de ces femmes qui y ont travaillé avec amour, fibre par fibre. Le premier achat, un téléviseur qui, dans 5 ans, sera complètement dépassé et qui n'a aucune vie. Pourtant l'objet dit reproduire la vie, en images les plus réalistes possibles. Aucune émotion n'est passée par ce téléviseur qui a été assemblé mécaniquement. Tout y est froid, pas de sentiment, seulement de la performance. L'autre achat m'a émue comme si j'adoptais un être vivant qui venait se rajouter à notre famille. Et que je lèguerai, je vais même en parler de mon vivant à mes enfants. Ces deux achats dans la même semaine par les deux mêmes personnes.
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Penser à la mort (c'est joyeux quand je parle de fête hein ?) me fait donc apprécier la vie. Je ne perds pas de vue qu'elle m'est prêtée, même la qualité de vie. Il y en a que juste l'idée d'une seule perte, de ce manque de permanence chronique de la matérialité (y compris le corps) les fait paniquer, eh bien ... ça risque qu'un jour, l'idée les rattrape. Alors au lieu qu'elle nous rattrape, pourquoi ne pas la devancer ? Bon ... je viens de perdre la moitié, au moins la moitié (!) de mon auditoire ; ceux qui préfèrent ne pas en entendre parler. Je les comprends en quelque part, c'est pas très jojo, mais c'est la réalité et j'ai toujours eu pour mon dire ; pourquoi ne pas la boire cette réalité à grandes goulées puisque celle-là, ça nous surprendrait qu'elle change. Pour ceux à qui ça tente toujours d'entendre parler de fête ... qui dit fête dit plusieurs personnes et qui dit plusieurs personnes à ma fête, dit tablée autour d'un repas. C'est autour de la bouffe que l'on se rencontre, une bonne idée d'ailleurs, puisque ça fait au moins une affaire de faite, un des trois repas est pris. Parfois deux, quand c'est vraiment bon et abondant et c'était vraiment bon et abondant dans ce nouveau bistro à Bromont. Depuis le mois de mai, ils étrennent ce vaste espace en forme de L et nous logions à la queue courte du L. C'est mieux ainsi car même quand on ne veut pas, on est bruyant, c'est dans la nature de joyeux lurons. Ce qui ne m'a pas empêcher de recevoir « Silence » de Fred Pellerin. Je l'avais. Et "Êtes-vous marié à un psychopathe ?" je l'avais aussi. Et ma photo de bouche en forme de O, en fait, je ne disais pas O, je disais « RU » quand j'ai déballé mon deuxième « Ru J'ai eu le droit à deux chants de fête. Quand nous étions à nous passer un bol de soupe aux pruneaux pour que tout le monde ait sa cuillerée à goûter, jusqu'à en oublier qui était le propriétaire de la soupe (!), Simon 2 ans, a commencé à chanter doucement d'une voix un peu lunatique « Bonne fête, Venise, et tout le monde a suivi ». Un ange est passé ... Certains cadeaux n'existent déjà plus : chocolats et nougat (fini ce soir) et les fleurs ont penché la tête pendant que j'avais le dos tourné. J'ai fait de la télésympathie avec mon chum qui s'est téléguidé vers le dernier Louise Portal, j'ai aussi reçu un bibelot, des boucles d'oreilles, un massage et finalement un album français de La Grande Sophie et là j'en arrive au deuxième chant de fête ... ... vous êtes vous déjà fait chanté pour votre fête : « Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu, que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu, ne se rattrape plus ? Ce sont les dernières paroles de la dernière chanson de l'album de La grande Sophie. La grande sagesse. |
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J'ai terminé de lire Miam Miam fléau il y a quelques jours. J'ai bien aimé. J'ai une question pour Marc : qu'y a-t-il dans le potage Gousse-Gousse de mère Crapette ? (Des gousses d'ail j'imagine! mais à part de ça ?) **** Allô Rémi,
Critique de Miam Miam Fléau dans la revue Lurelu Marsi (Marc Simard) qui a travaillé dans le domaine de l'illustration et du dessin animé, nous présente sa première incursion dans le domaine de la bande dessinée chez un éditeur reconnu pour son avant-gardisme. C'est la consternation au royaume de la Rigôle : Borbo, monstre et goûteur du roi s'est enfui. Pouette et Coco Météore, la monture la plus rapide du royaume, partent donc à sa recherche. Il faut faire vite afin que le roi ne meure pas de faim. D'autant plus que Borbo, affamé, dévaste tous les garde-mangers des royaumes avoisinants. Voici un livre dont aucun résumé, aussi fidèle soit-il, ne pourra rendre compte des qualités. Et elles sont nombreuses. Qualité du dessin d'abord. Dans un style très contemporain, un dessin très vivant au trait simple qui possède une grande clarté. Qualité de la couleur ensuite, qui vient renforcer la lisibilité du dessin tout en nuançant les différentes scènes. Et finesse de la mise en pages; par exemple, la première page pourrait servir d'exemple dans le cadre des spécificités du langage de la bande dessinée. Qualité de la langue également : un vocabulaire très riche et des dialogues savoureux. Qualité du récit et du scénario aussi : non seulement le récit est-il intéressant, mais en plus, il est très bien construit. Qualité de l'ensemble finalement, puisque le tout est plus grand que la somme de ses parties. Car la plus grande qualité de ce livre demeure le plaisir qu'il procure au lecteur. Et l'auteur n'en est qu'à sa première bande dessinée ! Signé : Sylvain Lemay, enseignant au niveau universitaire ==== Disons que Marsi s'est nourri de cette critique, et YAH !, il galope maintenant vers l'à venir.
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En plus, c'est le jubilé de la bulle ! C'est Béo qui le dit, une Québécoise ches les Helvètes. Ça fait 50 ans qu'un Suisse, Marc Chavannes, en descendant des airs (avion), a eu une révélation qui l'a mené à l'invention des Bubble Wrap. Cette idée toute simple a fait son chemin. Mais aujourd'hui, on est là pour fêter et s'amuser ...
Et vous ? Combien faites-vous à la seconde ?!
Une manière comme une autre de fêter la bulle :-)). Mais on peut aussi en Si vous voulez savoir qu'est-ce qu'il y a à fêter, passez par le Passe-Mot, vous allez tout de suite comprendre. |
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Mais justement, on ne sait jamais comment on va vivre un film, et ça, malgré une lecture attentive de critiques journalistiques et de celles de « monsieur-madame-tout-le-monde » (j'y tiens beaucoup à celles-là). J'avais aussi lu le statut* d'un ami sur Facebook (*statut : déclaration qui change au gré des heures et des humeurs) : « Je ne pensais pas que j'aimerais autant Victoria ». Je suis obligée de répéter sa déclaration. Le scénario cible un pan de vie de cette reine, le plus palpitant. Ce n'est pas une histoire de A à Z, seulement quelques lettres au début de sa vie de reine, après avoir été une princesse épiée à travers les lorgnettes sévères de la noblesse de ce Monde. On aborde de front et sans ménagement les thèmes de la convoitise, la conspiration, les entourloupettes par en-dessous, mais surtout la force de caractère qui fait que l'on s'affirme, que l'on passe de l'état de princesse dépendante de chaque décision de ses parents à reine ! La solitude est ciblée bien sûr, la complète, celle éprouvée même en compagnie de ses parents. Départager l'ami de l'ennemi, même chez ses très proches. De ces scènes empesées de protocole, de règles sévères, le réalisateur est arrivé à donner plus que de la vie, de la vigueur à cette lourdeur. Il aurait chuchoté à l'oreille de sa comédienne reine : n'oublies pas, tu es une rebelle. Et il aurait fait écouter des musiques entraînantes aux comédiens. Eh bien, ça a marché ! Cette reine et ses prétendants un rayon chaud, un éclairci, qui réchauffe le poids des conventions. Et ça se tient, tout est plausible, ça ne sent pas l'eau de rose, ça dégage une odeur de tranche de vie volée à l'histoire avec son grand H. C'est une histoire d'apprivoisement, une histoire d'amour, de partage entre le faux du vrai. On a le plaisir d'apprendre par l'Histoire certaines conventions surprenantes. J'aimerais le revoir pour prendre plus de temps pour ces informations en arrière-plan, car le grandiose nous happe, autant pour cette curiosité devant un monde si différent du nôtre, qu'on se croirait sur une autre planète ! Marc maintenant. Il est sorti de sa salle environ une heure plus tard que moi. Je lisais. Dès que j'ai levé les yeux vers lui, j'ai su qu'il avait beaucoup aimé, avant même qu'il ouvre la bouche. Je connais mon homme, il avait son air comblé, satisfait, rempli. Il en avait eu plein sa vue. Il s'est fait catégorique : ce film méritait son prix Golden Globe, et amplement son prix d'entrée, en considérant le 3$ supplémentaire pour le voir en 3D. Il s'attendait au pire, il avait entendu parler du ton moralisateur. Celui-ci ne l'a pas dérangé, il l'a pris, les terriens que nous sommes, le méritons. Les prouesses techniques donnent un caractère exceptionnel au film, même si la prestation des comédiens, elle, ne se démarque pas vraiment. Désolé pour les plus curieux, j'en sais pas tellement plus. Vous serez obligés de vous contenter de l'air royalement satisfait de mon chum, c'est le temps ou jamais d'y croire, à cette image qui vaut mille mots !! Mais sûr que l'on va aller voir Victoria ensemble. Mais Avatar ?! Ça ... ....moins sûr. Mon chum a à parfaire son « pitch » de vente ! |
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C'est demain que nous irons au cinéma, en plein cœur de l'après-midi. On prend ça à cœur d'être à contre-courant. On n'ira pas dans la même salle, le même cinéma par exemple oui. Marsi affirme ses goûts de SF, c'est un amateur d'effets spéciaux. Ça, on ne peut pas dire que c'est à contre-courant. C'est un gars après tout. Moi, je vais aller voir la Reine Victoria, j'suis une fille après tout. J'ai hésité pourtant. Pas pour l'Avatar 3D, non, faudrait quand même pas trop m'en demander ! J'aime mon chum, mais le regarder regarder pendant 2h 42 un film classé « aventure, science-fiction ». Je dirais, à la rigueur, passe encore de le regarder regarder, mais le pas endurable, ce serait entendre le film. Rien de pire que d'entendre un film d'aventure, même si science-fictive, mon tympan est fait à l'os. C'est tapageur. Y a beaucoup trop de Bing Bang Plouf, du cri strident, des boums, du grognement, du souffle court de rescapé, du long avant de mourir, du souffle qui se noie, qui vole, qui nage, j'sais pas moi, mais c'est bruyant. Non, je vais être dans ma salle, accompagnée de mon popcorn. Je vais même pouvoir développer un bonbon sans que mon chum me regarde de travers (pour le bruit, pas pour la gâterie !), et je vais reluquer des belles robes, de beaux chapeaux à ruban, de la dentelle, du brillant, de la valse, des courbettes, du baisemain juste avant de de monter les larges escaliers qui font semblant d'aller jusqu'au ciel. Tout pour m'inspirer confiance, on classe le film Victoria, les jeunes années d'une reine, chronique historique. Juste le mot chronique, et me v'là qui se jette dans le filet, sans même le plus petit respire de méfiance. En plus, c'est l'œil de Jean-Marc Vallée, le maître d'œuvre de C.R.A.Z.Y. Il va aller nous soulever les dessous de l'histoire, ça restera pas empesé. C'est ça dans le fond qui faut enlever à la royauté, son amidonnée. Parce que pour le reste, du royal sur grand écran, ça en mets plein la vue. Ça change du quotidien, mettons. Je vous dis pas que j'ai pas hésité. J'ai reluqué de près le dernier Padro Almodóvar « Étreintes brisées ». C'est un drame. Un drame. S'sais pas, mais on dirait que du drame pour me distraire ces temps-ci, j'suis moins portée. Il y en a sur tous les écrans, s'agit juste d'ouvrir les yeux. =====
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Pour Noël, je voulais lui faire une surprise et pour la première fois de ma vie oser lui donner une BD de mon cru. Voilà pour l'impulsion vers l'idéal mais la réalité, et son temps compté qui nous presse, s'est mal ajusté, vous allez voir. Je suis arrivé à la librairie en proie à diverses peurs ; celle que Marsi me surprenne, celle de me tromper, celle de prendre trop de temps à choisir. J'ai commencé par essayer de me laisser guider parmi le présentoir « nouveautés ». Pas le choix d'opter pour les nouveautés puisque Marsi ne tient pas d'inventaire de ses deux bibliothèques d'albums (Marsi est un lecteur BD, pas un explorateur qui tient de précieuses fiches !!). Envahie de peurs, aucune voix intuitive ne trouvait sa voie jusqu'à moi, je n'entendais donc que mon silence paniqué. J'ai donc eu l'idée géniale d'avoir recours à la libraire. Celle-ci, plus ou moins ferrée en BD, patauge autant que moi dans cette mer de couvertures colorées. Nous étions chez Raffin de la rue St-Hubert, une librairie que nous aimons beaucoup, d'autant plus que le libraire en charge des BDs est vraiment un amateur et fait donc des achats alléchants. Alors, j'ose demander s'il est là. Elle pense qu'il est là mais pense aussi qu'il est occupé. D'accord. On continue d'essayer de se débrouiller sans lui, le temps file, elle me fait des propositions que j'essaie de regarder avec les yeux de Marsi ; est-ce qu'il aimerait la ligne de ce dessinateur ? C'est surtout le dessin que j'essaie de jauger, l'histoire, c'est plus difficile sans connaître les réputations. Et je ne connais pas les réputations ... Ô secours, la réalité me rattrape, je ne connais pas les réputations et j'ai un rendez-vous avec Marsi et de plus en plus peur d'arriver bredouille, ma dernière chance d'acheter cette BD en son absence avant Noël ! Je demande si par hasard le gérant ne se serait pas tout à coup libéré depuis le temps que l'on cherche. Comme la libraire commence à se sentir dépassée par mes exigences de conjointe d'illustrateur, et comme elle est extrêmement gentille, elle va quérir mon sauveur que je vois descendre lentement les escaliers, un peu confus d'être requis pour une « urgence » cadeau !! Quand il m'aperçoit, on se reconnait, très chaleureux, il replace le client « mon cher bédéiste », m'amenant même voir 5 exemplaires de Miam miam fléau. En tant que fervent amateur, il commence par énumérer certaines propositions parmi les nouveautés, m'en parlant tout en les feuilletant, m'indiquant certains gags, les riant encore. Il me semble que Marsi est moins "gag" que longue histoire d'un trait et surtout, je ne reconnais pas ses maisons d'éditions préférées. Soudain, un éclair de génie le traverse et il m'entraîne vers un album BD en noir et blanc ... qui n'est pas là où il devrait être. Nous accourons vers St-Antoine, le patron des livres perdues, je parle bien sûr de l'ordinateur, la machine maintenant indispensable à tout libraire qui respecte la loi des déplacements mystérieux des livres. St-Antoine nous annonce que l'album est dans le magasin... mais OÙ ?! Encouragé par le fait qu'il existe entre ses murs, le libraire finit par le dégager d'une pile couchée sur une table à roulettes, le lève comme un trophée, puis le penche un peu vers moi (c'est dire combien il est grand !) ; couverture matte, dessin sophistiqué mais sobre, je lis Futoropolis, «Le fils de l'ogre », Grégory Mardon. Il déborde d'enthousiasme, l'histoire est dramatique et noire, mais extrêmement forte. Est-ce parce que j'avais l'air sceptique ou c'est plus fort que lui, il me raconte l'histoire et je deviens sûre d'au moins une chose : je ne la lirai jamais! Mais Marsi, lui ? Après voir jeté un coup d'œil aux aiguilles de ma montre, je décide que oui, définitivement, Marsi aimera ! Je me mets en ligne pour passer à la caisse, toujours aux côtés du libraire qui continue à le feuilletter revivant l'histoire un sourire satisfait sur les lèvres. Il me la remet, heureux, fier de son choix, marmonnant un « S'il y a le moindre problème ...> Je n'ai pas compris la balance de la phrase qui s'est perdue dans le creux de mon oreille mais j'imagine que c'était que nous pouvions l'échanger, que la satisfaction en cet album était garantie. Eh bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ; parce que nous avons retourné l'album ce vendredi. Marsi l'avait ! Et c'est ce même libraire qui le lui avait chaudement recommandé !!
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