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Une journée complète à la plage de Barachois, sans avoir chaud, ni froid, surtout faim. C’est que le vent du large, ça creuse. Marc avait l’estomac dans les talons, pas facile de marcher sur son estomac ! C’était du sérieux là, pour qu’il laisse sa fouille aussitôt que je suggère d’aller dîner à Café Couleur. La couleur où elle est la couleur dans ce Café ? Sur les murs bardés de toiles de différents artistes dont celles du propriétaire artiste peintre, Gilles Côté. Spécialité du peintre : mouton. Spécialité du resto : gaufre. J’ai donc pris des gaufres comme repas principal, et aussi pour dessert, en faisant bien sûr passer le dessert sur le dos de Marc !
Sur la plage, j’ai lu du Marie-Claire Blais, Le jour est noir, j’ai écrit à la main, une lettre. J’ai marché, inévitablement, pour aller aux toilettes. Vous savez qu’est-ce que c’est marcher dans une bordée de neige ? Pour la plupart, vous le savez. Imaginez-vous que là, au lieu de la neige, c’est un pied de sable plein de grenailles assez pour soulever haut le pied. Ce n’est pas une plage de sable pâle et plate, non, il y a de la rocaille là-dedans ! Tu as le choix entre : marcher en sandale et en transporter des tonnes avec toi, nu pied et crier au meurtre, ou en soulier hermétiquement scellé et là, tu crèves et tu pues. Je choisis la sandale, ça paraît plus normal ou l’anormalité se vit plus discrètement disons. C’est 15 minutes de marche pour aller aux toilettes, alors l’envie doit se prévoir, parce que courir dans le sable mou et profond, je le conseille moins. Il faut commencer par longer la rive qui serpente le fleuve, ensuite traverser les épaisseurs de sables en paliers, bien enjamber les trainées d’algues, tout ça prend environ 10 minutes. Il en reste 5 me direz-vous, mais un 5 minutes d’escalier. Une fois monté, on enjambe les rails de la voie ferrée et maintenant que l’on se sent haut et bizarre d’être haut sur une voie ferrée, il faut descendre l’escalier. J’adore ! Pour vrai. J’ai fait des photos superbes et en plus, je me suis fait une copine, une marmotte. Je l’ai jasée tant et si bien, qu’on est tombé en amour toutes les deux et elle a accepté de sortir de son trou. Et je l’ai prise en photo. Très photogénique la dame marmotte (photo au retour !). Je l’ai prise en position aux aguets, debout sur deux pattes, la face fascinée par un attroupement de Tout-terrains qui ont traversé les rails de chemin de fer à la queue leu leu et que j’ai croqué clic, clic ... Enhardie par mes dernières photos, allons-y pour le fameux escalier en bois chambranlant aussi quant à y être. Et au moment où j’arrive à m’immobiliser pour appuyer lentement sans bouger, descend un homme et son chien. Plus il descend, plus je réalise que l’homme est splendide, athlétique, jeune, bronzé, il descend mais surtout, il sourit. Il sourit de plus en plus largement, il passe devant moi et sourit toujours ... absolument certain que c’est lui que j’ai photographié, certainement pas un escalier de bois sur le point de s’écrouler !!!
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Aucune conscience de quel jour on est, le symptôme par excellence des vacances ! Décrocher du temps et des habitudes ... pour en reprendre d’autres ! Toutes nos habitudes tournent autour de l’agate, faut le faire quand même ! Arrivés à Nouvelle, nous avons couché dans un presbytère À l’abri du clocher dans la chambre de Monseigneur. Le lendemain, dès 10 h 00, direction d’une plage secrète côtoyant celle du Parc de Miguasha. Plage anti-touriste : pas de toilette, pas d’ombre ni d’ombrelle, et encore moins de banc. Des troncs d’arbre si vraiment vous n’en pouvez plus d’être debout. Marc, lui, vit penché. Drôle de numéro, vous dites-vous. C’est vrai. Et que j’aurais aimé vous le montrer dans plusieurs positions de cueillette, mais en tant que nouveaux propriétaires d’un appareil photo numérique, nous avons oublié le fil pour transférer les photos sur mon ordi. Alors, promis, les images au retour! Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque de vous les montrer ces photos. Comme aujourd’hui, sur la plage de l’Anse-à-Beaufils, je me suis amusée comme une petite folle. Marc n’en revenait pas, j’ai réussi à décharger les piles.
À la Vieille Usine, je m’installe avec mon portable sur un sofa dans une vaste salle d’exposition qui sert aussi de hall à la salle de spectacle. Hier, très concentrée sur mon travail, suant sur mon commentaire de lecture de Matamore no 29, j’entendais une pratique avec des musiciens, je trouvais qu’il y en avait un qui avait la voix de Daniel Lavoie. Normal, il y donnait un spectacle en soirée, ce que j’ai fini par apprendre ! Il est sûrement passé à côté de moi au moins deux fois pour entrer et sortir mais une fille à l’ouvrage, c’est une fille à l’ouvrage. Je relève la tête quand on me demande un renseignement, ce qui est chose courante, on me prend pour quelqu’un de la place. C’est presque vrai !
Aujourd’hui, nous avons couru après la Pit Caribou, une bière fabriquée toute à côté de La vieille Usine. Nous sommes allés frapper à leur porte, c’était assez mort, nous avons lu une petite pâlotte pancarte : « épuisement des stocks ». Coudon ! Ils en ont dans les restos pourtant ! Nous sommes allés en boire une à la Vieille Usine et le serveur nous a expliqué que la Pit Caribou est dépassée par son succès. Ils ont rajouté la blanche cette année, une laiteuse assez bonne merci. N’allez pas croire que je suis friande de bière, j’aime un peu la blanche, et cette blanche-là un peu plus qu’un peu. Marc, lui, l’adore et il voulait en apporter aux amis puisque vous vous doutez bien qu’elle n’est pas distribuée bien loin, même pas dans toute la Gaspésie. Nous avons aussi appris qu’il n’y avait qu’une cuve de brassage et trois employés, ils brassent donc une seule bière à la fois. Je me suis dit qu’il n’y avait pas que les stocks qui devaient être épuisés ! On nous a rassurés, ils vont prendre de l’expansion. Pendant l’hiver j’imagine. À Percé, tout prend de l’expansion en hiver. C’est à cette saison morte que tous les habitants travaillent à l’amélioration, pendant que la visite vient pas de peur d’attraper le rhume (s’cusez ... je babille et n’oubliez pas que j’ai bu une blanche).
Bon, où en étais-je ? Demain, c’est Barachois. Nous arpenterons un barachois au village Barachois, à côté de Coin du banc. Nous dînerons au Café Couleur, absolument délicieux, recettes des ancêtres mis au goût du jour et à un prix moins « commercial » qu’à Percé même.
Ah oui, j’oubliais complètement de vous dire j’ai pris une mouette pour Marsi aujourd’hui. Il était vêtu de vêtements assez pâles et comme la plage est ultra longue et que l’on avait oublié les walkie-talkie à la chambre, je voyais un point blanc au loin, j’ai pensé que c’était lui ... jusqu’à un certain moment évidemment. J’ai demandé à un autre cueilleur s’il avait vu Marc, le décrivant comme un cueilleur et il m’a montré une agate assez grosse. J’ai fini par être capable de couper court à la conversation (pas évident tout le monde est babillard ici !) pour retrouver mon mari avant que je crois qu’il ait été emporté par une forte vague. J’ai refait le chemin en sens inverse et cette fois je l’ai aperçu faisant corps avec le sable. Il était temps qu’on aille dîné au casse-croute de l’Anse que je réfère à tout le monde. Si vous allez à Percé et qu’après deux ou trois buffets au homard, vous voulez manger du poisson mais à prix plus qu’abordable, c’est là qu’il faut aller. Je suis jamais tombé sur un plat raté ou moins bon et tous les desserts sont fait maison.
Bon, assez babillé moi là !
À la prochaine !
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