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jeudi 10 septembre 2009

Le "après-lancement"

Par Venise

dtective_124Plusieurs nous demandent comment nous vivons "l'après-lancement ». Il y a de quoi se poser la question parce que le vécu est dense. Le lancement est la frontière entre le rêvé et la réalité et quand donc peut-on dire que la réalité est à la hauteur du rêve ?

Je vous laisse répondre de votre côté mais pour nous, ici, ça s'appelle se fragiliser et ramer. Se fragiliser, eh bien, ça ressemble à un Marsi qui, pour la première fois, a ouvert le livre sur son univers et ses créatures imaginaires et qui attend avec anxiété de savoir si les gens vont aimer. Nous recevons peu d'impressions, ou jamais suffisamment pour les affamés que nous sommes. Pourquoi il y en a peu est la question que l'on se pose et à laquelle on essaie de répondre, faisant appel à le plus de rationnel possible. C'est que l'album n'est pas encore très exposé. Nous avons un ami (hi hi, vous allez le reconnaître, je le sors de sa lucarne !), Pierre-Greg qui a revêtu le rôle d'inspecteur. Il inspecte les vitrines de librairie, et même les fonds de librairie ! À chaque fois que nous apprenons que l'album est en évidence, nous tapons des mains (manière de parler ... malgré que). Du côté de Montréal, ça va assez bien, malgré la déception de le voir ranger dans un bac à la lettre M dans la section « adulte » !

Une déception nous attendait à Sherbrooke où de notre côté nous avions le goût de le voir sur les tablettes dans au moins une librairie. Chez Archambault, loin de le trouver, rien n'est moins sûr qu'ils en tiennent un jour. L'assistante nous a assuré que ça dépend de la décision des acheteurs à Montréal et qu'elle n'y peut strictement rien. Ou si elle y peut quelque chose, ce sera en réaction des demandes des clients. S'il y en a quelques unes, elle pourrait en suggérer l'achat. Le fait que l'auteur soit de la région n'a pas directement d'effet. Indirectement, oui et ce « ricochet » tombe dans la cour des médias. S'ils en parlent, peut-être y aura-t-il des personnes qui la réclameront chez Archambault. À la Biblairie GGC, ils avaient la trentaine d'albums que nous avions commandés mais n'avaient pas encore eu le temps d'installer la balance sur les tablettes.

Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité a encore des allures de rêve, comme s'il fallait que la brume se dissipe pour en voir les contours nets. C'est que l'on a hâte que les enfants la lisent. Très hâte même. Parce que les trois jeunes qui l'ont lus jusqu'à date, y compris maintenant un jeune homme de 11 ans à l'esprit très déluré, ont beaucoup aimé. Celui-ci dit l'avoir trouvée très drôle, et particulièrement le personnage du roi. Entendre dire qu'elle est drôle nous rassure. On a beau la lire, la regarder, la scruter, l'analyser, on peut difficilement la rire ! Y réagir, quoi ! Un peu, mais à peine. Nous sommes à une étape où le besoin du lecteur est criant. Alors, on rame pour aller vers lui. Vous dire combien on rame !

Pas seulement des démarches vers des lecteurs par tête de pipe mais on planifie, soupèse ce que l'on peut faire pour aider à la pousser hors du nid. Vous me direz qu'il y a les Salons, oui certainement qu'il y a les Salons du livre. Celui de Montréal s'en vient et Marsi y sera sans conteste, il a même fourni à cet effet ses disponibilités aux éditeurs. Celui de l'Estrie par contre, qui a lieu à la mi-octobre, la question n'est pas encore réglée. Nous sommes en attente, c'est paraît-il, complexe. C'est notre région pourtant, il me semble que ça commence par là. Dans ma tête en tout cas ! Peut-être que non finalement.

Dans le fond, je réalise que nous ne sommes jamais prêts à un après-lancement. C'est comme dans la vie, après la naissance d'un enfant, la réalité bouscule le rêve et il y a certainement un ajustement à faire entre les deux.

C'est ce que nous sommes à faire. Et c'est beaucoup de travail ... émotif.

 


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