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cinéma royauté

samedi 23 janvier 2010

À chacun sa salle

Par Venise

C'est samedi soir. C'est rare le samedi soir d'être devant l'écran. Pas celui de la TV, pas le méga gigantesque du cinéma, celui de la boîte à mots. J'haïs pas ça. J'aime être à contre-courant. Probablement parce que je ne suis pas un poisson.

C'est demain que nous irons au cinéma, en plein cœur de l'après-midi. On prend ça à cœur d'être à contre-courant. On n'ira pas dans la même salle, le même cinéma par exemple oui. Marsi affirme ses goûts de SF, c'est un amateur d'effets spéciaux. Ça, on ne peut pas dire que c'est à contre-courant. C'est un gars après tout. Moi, je vais aller voir la Reine Victoria, j'suis une fille après tout. J'ai hésité pourtant. Pas pour l'Avatar 3D, non, faudrait quand même pas trop m'en demander ! J'aime mon chum, mais le regarder regarder pendant 2h 42 un film classé « aventure, science-fiction ». Je dirais, à la rigueur, passe encore de le regarder regarder, mais le pas endurable, ce serait entendre le film. Rien de pire que d'entendre un film d'aventure, même si science-fictive, mon tympan est fait à l'os. C'est tapageur. Y a beaucoup trop de Bing Bang Plouf, du cri strident, des boums, du grognement, du souffle court de rescapé, du long avant de mourir, du souffle qui se noie, qui vole, qui nage, j'sais pas moi, mais c'est bruyant.

Non, je vais être dans ma salle, accompagnée de mon popcorn. Je vais même pouvoir développer un bonbon sans que mon chum me regarde de travers (pour le bruit, pas pour la gâterie !), et je vais reluquer des belles robes, de beaux chapeaux à ruban, de la dentelle, du brillant, de la valse, des courbettes, du baisemain juste avant de de monter les larges escaliers qui font semblant d'aller jusqu'au ciel.

Tout pour m'inspirer confiance, on classe le film Victoria, les jeunes années d'une reine, chronique historique. Juste le mot chronique, et me v'là qui se jette dans le filet, sans même le plus petit respire de méfiance. En plus, c'est l'œil de Jean-Marc Vallée, le maître d'œuvre de C.R.A.Z.Y. Il va aller nous soulever les dessous de l'histoire, ça restera pas empesé. C'est ça dans le fond qui faut enlever à la royauté, son amidonnée. Parce que pour le reste, du royal sur grand écran, ça en mets plein la vue. Ça change du quotidien, mettons. Je vous dis pas que j'ai pas hésité. J'ai reluqué de près le dernier Padro Almodóvar « Étreintes brisées ». C'est un drame. Un drame. S'sais pas, mais on dirait que du drame pour me distraire ces temps-ci, j'suis moins portée. Il y en a sur tous les écrans, s'agit juste d'ouvrir les yeux.

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J'ai été longue avant de venir babiller. Vous imaginez bien que le babillage s'est tu pour mieux entendre les cris d'Haïti. La Terre a tremblé. Il a fallu qu'elle tremble pour que nous vivions de beaux moments de solidarité. Je regarde les nouvelles, je vois l'horreur oui, mais je vois aussi ce ressort, cette force d'un peuple qui se découvre à nos yeux, et je l'admire.


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