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Pour Noël, je voulais lui faire une surprise et pour la première fois de ma vie oser lui donner une BD de mon cru. Voilà pour l'impulsion vers l'idéal mais la réalité, et son temps compté qui nous presse, s'est mal ajusté, vous allez voir. Je suis arrivé à la librairie en proie à diverses peurs ; celle que Marsi me surprenne, celle de me tromper, celle de prendre trop de temps à choisir. J'ai commencé par essayer de me laisser guider parmi le présentoir « nouveautés ». Pas le choix d'opter pour les nouveautés puisque Marsi ne tient pas d'inventaire de ses deux bibliothèques d'albums (Marsi est un lecteur BD, pas un explorateur qui tient de précieuses fiches !!). Envahie de peurs, aucune voix intuitive ne trouvait sa voie jusqu'à moi, je n'entendais donc que mon silence paniqué. J'ai donc eu l'idée géniale d'avoir recours à la libraire. Celle-ci, plus ou moins ferrée en BD, patauge autant que moi dans cette mer de couvertures colorées. Nous étions chez Raffin de la rue St-Hubert, une librairie que nous aimons beaucoup, d'autant plus que le libraire en charge des BDs est vraiment un amateur et fait donc des achats alléchants. Alors, j'ose demander s'il est là. Elle pense qu'il est là mais pense aussi qu'il est occupé. D'accord. On continue d'essayer de se débrouiller sans lui, le temps file, elle me fait des propositions que j'essaie de regarder avec les yeux de Marsi ; est-ce qu'il aimerait la ligne de ce dessinateur ? C'est surtout le dessin que j'essaie de jauger, l'histoire, c'est plus difficile sans connaître les réputations. Et je ne connais pas les réputations ... Ô secours, la réalité me rattrape, je ne connais pas les réputations et j'ai un rendez-vous avec Marsi et de plus en plus peur d'arriver bredouille, ma dernière chance d'acheter cette BD en son absence avant Noël ! Je demande si par hasard le gérant ne se serait pas tout à coup libéré depuis le temps que l'on cherche. Comme la libraire commence à se sentir dépassée par mes exigences de conjointe d'illustrateur, et comme elle est extrêmement gentille, elle va quérir mon sauveur que je vois descendre lentement les escaliers, un peu confus d'être requis pour une « urgence » cadeau !! Quand il m'aperçoit, on se reconnait, très chaleureux, il replace le client « mon cher bédéiste », m'amenant même voir 5 exemplaires de Miam miam fléau. En tant que fervent amateur, il commence par énumérer certaines propositions parmi les nouveautés, m'en parlant tout en les feuilletant, m'indiquant certains gags, les riant encore. Il me semble que Marsi est moins "gag" que longue histoire d'un trait et surtout, je ne reconnais pas ses maisons d'éditions préférées. Soudain, un éclair de génie le traverse et il m'entraîne vers un album BD en noir et blanc ... qui n'est pas là où il devrait être. Nous accourons vers St-Antoine, le patron des livres perdues, je parle bien sûr de l'ordinateur, la machine maintenant indispensable à tout libraire qui respecte la loi des déplacements mystérieux des livres. St-Antoine nous annonce que l'album est dans le magasin... mais OÙ ?! Encouragé par le fait qu'il existe entre ses murs, le libraire finit par le dégager d'une pile couchée sur une table à roulettes, le lève comme un trophée, puis le penche un peu vers moi (c'est dire combien il est grand !) ; couverture matte, dessin sophistiqué mais sobre, je lis Futoropolis, «Le fils de l'ogre », Grégory Mardon. Il déborde d'enthousiasme, l'histoire est dramatique et noire, mais extrêmement forte. Est-ce parce que j'avais l'air sceptique ou c'est plus fort que lui, il me raconte l'histoire et je deviens sûre d'au moins une chose : je ne la lirai jamais! Mais Marsi, lui ? Après voir jeté un coup d'œil aux aiguilles de ma montre, je décide que oui, définitivement, Marsi aimera ! Je me mets en ligne pour passer à la caisse, toujours aux côtés du libraire qui continue à le feuilletter revivant l'histoire un sourire satisfait sur les lèvres. Il me la remet, heureux, fier de son choix, marmonnant un « S'il y a le moindre problème ...> Je n'ai pas compris la balance de la phrase qui s'est perdue dans le creux de mon oreille mais j'imagine que c'était que nous pouvions l'échanger, que la satisfaction en cet album était garantie. Eh bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ; parce que nous avons retourné l'album ce vendredi. Marsi l'avait ! Et c'est ce même libraire qui le lui avait chaudement recommandé !!
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==== Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html |
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Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience. Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ? Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement. C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route ! En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ... Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)
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