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Mystère... Le pigeonographe : à la pige à la page
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dimanche 10 janvier 2010

Mon premier achat BD pour Marsi

Par Venise

Je m'habitue de plus en plus à lire des livres avec des images ! C'est en écrivant cette phrase que je comprends mieux certaines appréhensions d'adulte devant la bande dessinée d'adulte. Pour plusieurs, cela a une connotation de retour en arrière, de retour à l'enfance. Pourtant, plusieurs bandes dessinées abordent des sujets sérieux, dramatiques même, d'ailleurs, Marsi en possède plein de ce genre-là.

Pour Noël, je voulais lui faire une surprise et pour la première fois de ma vie oser lui donner une BD de mon cru. Voilà pour l'impulsion vers l'idéal mais la réalité, et son temps compté qui nous presse, s'est mal ajusté, vous allez voir.

Je suis arrivé à la librairie en proie à diverses peurs ; celle que Marsi me surprenne, celle de me tromper, celle de prendre trop de temps à choisir. J'ai commencé par essayer de me laisser guider parmi le présentoir « nouveautés ». Pas le choix d'opter pour les nouveautés puisque Marsi ne tient pas d'inventaire de ses deux bibliothèques d'albums (Marsi est un lecteur BD, pas un explorateur qui tient de précieuses fiches !!). Envahie de peurs, aucune voix intuitive ne trouvait sa voie jusqu'à moi, je n'entendais donc que mon silence paniqué. J'ai donc eu l'idée géniale d'avoir recours à la libraire. Celle-ci, plus ou moins ferrée en BD, patauge autant que moi dans cette mer de couvertures colorées. Nous étions chez Raffin de la rue St-Hubert, une librairie que nous aimons beaucoup, d'autant plus que le libraire en charge des BDs est vraiment un amateur et fait donc des achats alléchants. Alors, j'ose demander s'il est là. Elle pense qu'il est là mais pense aussi qu'il est occupé. D'accord. On continue d'essayer de se débrouiller sans lui, le temps file, elle me fait des propositions que j'essaie de regarder avec les yeux de Marsi ; est-ce qu'il aimerait la ligne de ce dessinateur ? C'est surtout le dessin que j'essaie de jauger, l'histoire, c'est plus difficile sans connaître les réputations. Et je ne connais pas les réputations ... Ô secours, la réalité me rattrape, je ne connais pas les réputations et j'ai un rendez-vous avec Marsi et de plus en plus peur d'arriver bredouille, ma dernière chance d'acheter cette BD en son absence avant Noël ! Je demande si par hasard le gérant ne se serait pas tout à coup libéré depuis le temps que l'on cherche. Comme la libraire commence à se sentir dépassée par mes exigences de conjointe d'illustrateur, et comme elle est extrêmement gentille, elle va quérir mon sauveur que je vois descendre lentement les escaliers, un peu confus d'être requis pour une « urgence » cadeau !! Quand il m'aperçoit, on se reconnait, très chaleureux, il replace le client « mon cher bédéiste », m'amenant même voir 5 exemplaires de Miam miam fléau.

En tant que fervent amateur, il commence par énumérer certaines propositions parmi les nouveautés, m'en parlant tout en les feuilletant, m'indiquant certains gags, les riant encore. Il me semble que Marsi est moins "gag" que longue histoire d'un trait et surtout, je ne reconnais pas ses maisons d'éditions préférées. Soudain, un éclair de génie le traverse et il m'entraîne vers un album BD en noir et blanc ... qui n'est pas là où il devrait être. Nous accourons vers St-Antoine, le patron des livres perdues, je parle bien sûr de l'ordinateur, la machine maintenant indispensable à tout libraire qui respecte la loi des déplacements mystérieux des livres. St-Antoine nous annonce que l'album est dans le magasin... mais OÙ ?! Encouragé par le fait qu'il existe entre ses murs, le libraire finit par le dégager d'une pile couchée sur une table à roulettes, le lève comme un trophée, puis le penche un peu vers moi (c'est dire combien il est grand !) ; couverture matte, dessin sophistiqué mais sobre, je lis Futoropolis, «Le fils de l'ogre », Grégory Mardon. Il déborde d'enthousiasme, l'histoire est dramatique et noire, mais extrêmement forte. Est-ce parce que j'avais l'air sceptique ou c'est plus fort que lui, il me raconte l'histoire et je deviens sûre d'au moins une chose : je ne la lirai jamais! Mais Marsi, lui ? Après voir jeté un coup d'œil aux aiguilles de ma montre, je décide que oui, définitivement, Marsi aimera ! Je me mets en ligne pour passer à la caisse, toujours aux côtés du libraire qui continue à le feuilletter revivant l'histoire un sourire satisfait sur les lèvres. Il me la remet, heureux, fier de son choix, marmonnant un « S'il y a le moindre problème ...>

Je n'ai pas compris la balance de la phrase qui s'est perdue dans le creux de mon oreille mais j'imagine que c'était que nous pouvions l'échanger, que la satisfaction en cet album était garantie.

Eh bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ; parce que nous avons retourné l'album ce vendredi.

Marsi l'avait !

Et c'est ce même libraire qui le lui avait chaudement recommandé !!

Crédit de la photo de la librairie Raffin : www.les2val.blogspot.com

 


samedi 19 décembre 2009

Émus par les enfants

Par Venise

Oh là là... je viens de voir que ma dernière chronique date du 9 décembre ! Pourtant, j’ai l’impression que la Babillarde que je suis parle beaucoup. C’est fou quand même, je me suis offert cette tribune en me disant, je vais me laisser aller à jacasser de plein gré, sans trop me soucier du contenant, allant droit au contenu, et puis voilà que plus souvent qu’autrement, je fais « Silence » (les conteurs chantent parfois le silence – Fred Pellerin). Je laisse la glace prendre et suis donc obligée à chaque fois de la casser à grands coups de plume. De plume de pigeonne.

Si j’écrivais plus souvent, je n’aurais pas l’impression de toujours parler de mon fier pigeon au beau plumage, Marsi. Encore une fois, de ma plume, je survolerai sa séance de dédicaces à la Librairie Imagine à Laval. Impossible de la passer sous silence, Marsi était trop heureux de rencontrer les enfants. Plusieurs se sont présentés, quatre se sont nommés : Victor, Corinne, Étienne, Sabrina parmi les élèves de la classe de Pierre Greg, le grand explorateur BD de la Lucarne à Luneau. Ça veut dire que ces 4 jeunes d’une dizaine d’années ont sollicité leurs parents pour absolument venir chercher leur album, voir le bédéiste à l’œuvre pour une dédicace personnelle. Pourtant, ils l’ont lu puisqu’il y en a un ou deux exemplaires dans leur classe et ils avaient aussi reçu une mini dédicace sur leur carte de membre bibitte. Le cœur de Marsi était touché qu’ils soient venus expressément pour lui, les enfants l’émeuvent beaucoup.

Pendant que Marsi dessine, moi je parle, et je ne nous verrais pas vraiment changer de rôle ... À un moment donné, une dame m’a demandé de résumer l’histoire, elle voulait être certaine que ça plairait à son fils de 11 ans. J’ai commencé à la résumer, devant Corinne qui attendait sa dédicace, je me sentais attentivement écoutée, presqu’épiée, et tout à coup j’ai eu l’impression de lui voler son histoire, à son nez et à sa barbe. C’était évident qu’elle ne l’avait pas vécue de la même manière que moi, je me suis arrêté en plein milieu et lui ai demandé si elle voulait la résumer. Elle voulait, ça se lisait dans ses yeux bleus, elle voulait même très fort, mais par où commencer et surtout trop de regards insistants la dévisageaient. Sa mère lui a proposé de la lui raconter à elle. L'idée était bonne. Le cou tordu vers la gauche, les yeux dans ceux de sa mère, le corps toujours vissé à la table, elle s’est lancé. Ça nous a ému de l’entendre. Nous avons réalisé plus que jamais qu’il y a autant d’histoires que de paires d’yeux qui la lisent.

Les enfants sont émouvants parce qu’ils n’ont aucune idée qu’ils nous émeuvent.

Je termine par un prix, pas le prix de la BD mais un Prix pour la BD : Miam miam fléau de Marsi vient de remporter un prix au   World Cookbook Awards 2009 dans la catégorie Best Cookbook Illustrations - Canada French!

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Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html


vendredi 02 octobre 2009

Lancement de Miam miam chez GGC

Par Venise

batitude-dames_120Ouf ... Trop vite passe le temps. Et je n’ose même pas courir après ! Trop essoufflant. Tout ça pour vous dire que j’aurais aimé vous parler du deuxième lancement de Marsi avant qu’il se soit écoulé une semaine. Pour vous, mais surtout pour moi. J’aime parler de ce je viens de vivre quand c’est tout chaud, comme un mets sortant du four dégageant son fumet accentué.

Mais tant pis, je replonge dans ce samedi où Marsi m’a finalement prouvé qu’il n’est pas un personnage de bande dessinée : il était stressé ! Pas agité, pas nerveux, stressé.

Nous partons et arrivons à l’heure cette fois ! Aussitôt dans le centre de la librairie, Marc est happé par les amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis 18 ans, alors moi je m’occupe de l’installation et on dirait que je n’ai jamais fait ça de ma vie ! Je ne suis pas stressée, je suis nerveuse et agitée !

La première demi-heure, c’est l’accueil, il y a des personnes de Sherbrooke oui, mais de Eastman aussi et j’en suis très fière. La parenté, les amis de la parenté, plein de personnes que je ne connais pas que je devrais présenter, mais qui me sont présentées. Complètement prise par la frénésie de ces brefs échanges où l’essentiel doit être dit rapidement autant que chaleureusement, je réalise qu’il est deux heures et que Marc commence à avoir envie de s’installer derrière le micro. Comme il le dit franchement « Je ne suis pas prêt, mais je ne serai jamais prêt, alors aussi bien y aller ». Quant à moi, je me suis sentie prête quand je me suis retournée et que j’ai vu mon fils et sa dulcinée, arrivés à la dernière seconde après deux heures de route.

Marsi a commencé son discours lentement, je voyais qu’il se plaçait, mettait de l’énergie à être posé, il ramassait son énergie ... et ça fonctionnait. L’énergie et la voix portaient à travers toute la librairie. Il a parlé de la persévérance, combien il avait eu de la difficulté en tant que touche-à-tout de terminer un premier projet. Il a osé dire, avec toute la simplicité proche de la vulnérabilité qui le caractérise, qu’il aimait son album. Et je vous prie de me croire que ça ne faisait pas prétentieux ... plutôt amoureux ! Il en était fier, on sentait que c’était important pour sa fascination de l’esthétisme des objets « livre ». Je me souviens, vaguement, qu’il a parlé de l'histoire de Miam miam fléau, mais là, le cœur m’a arrêté de battre ... j’ai voulu prendre une photo et j’ai réalisé que je n’avais plus mon appareil avec moi. Où l’avais-je oublié ? Sur un banc ... dans l’auto ? Il m’a fallu un effort considérable pour revenir à mon conférencier malgré mon inquiétude.  Peut-être m’en manque-t-il des bouts, sûrement. La prochaine fois, il faut que je me trouve une mini-enregistreuse, pour faire une vraie journaliste de moi-même ! Mais je me souviens par contre de la période de questions. Là, on peut dire que ça a levé ... les mains. Ça pétillait de questions, on s’excusait presque d’en poser autant. Une inspirant l’autre, Marsi a été poussé à expliquer en détail sa manière de travailler, passant au crible chacune des étapes. On a reparlé du style touche-à-tout, qu’est-ce que vous voulez, un talentueux dans plusieurs domaines a la difficulté à choisir pour ensuite s'en tenir à un projet. Je levais la main moi aussi, pas pour des questions, pour des remarques. Disons, que je suis sa salière, j’adore mettre mon grain de fleur de sel ! J’ai eu l’impression que tout le monde a apprécié ma spontanéité qui en dévoile beaucoup. Finalement, celui qui pensait seulement dire quelques mots a parlé presque une heure.

Et ensuite, au travail ! Les dédicaces ... une à une, les gens penchés vers cette main agile qui fait apparaître sous leurs yeux ébahis des êtres qui n’existaient pas voici un quart d’heure.

Trente-quatre Miam miam fléau ont été adoptés ... Marc ne les a pas tous dédicacés sur place, chose impossible. Nous sommes encore une fois partis avec un sac rempli de dédicaces en devenir. Il y en a qui attendent encore, n’oubliez pas que nous faisons aussi le service à domicile, ça ralentit un peu le processus !

Décidément, un métier à temps plein rempli de rencontres et de rebondissements.


samedi 19 septembre 2009

B : comme Bouffe et Bouche

Par Venise

bouche_oreille_101Un Miam miam fléau, qu'est-ce que ça mange en automne ? Des pommes ! Qu'est-ce que ça mange un album pour toute la famille qui essaie de se frayer un sentier dans la rentrée ? Ça mange de la promotion.

Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience.

Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ?

Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement.

C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route !

En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ...

Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)

 


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