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Comme là, sur ma photo, quand vous me voyez le chapeau et ce qu'il y a dessous, qu'est-ce que vous pensez ? Et mes lunettes bien en évidence, pour toutes les raisons, excepté celle de mieux voir !!! Une chance qu'il y a l'œil curieux, qui veut voir par-dessus. Tout est dans l'œil. Le regard que l'on porte sur la vie, ce qui a un jour fait dire à quelqu'un quelque part ; « les yeux, ce miroir de l'âme ». Il y en a des âmes qui se mirent plus que d'autres ! Des âmes que l'on voit se mirer dans le lac du regard intérieur. Et il y a aussi les regards placides, stagnants, à ne pas confondre avec la sérénité qui ne fait pas de vague. Je suis une « scruteuse » de regards. Je suis parfois éberluée de voir le contraire du dire dans l'œil du grand parleur. Les cris de joie dans l'œil éteint. Ou tout son contraire, des mots qui balbutient, irradiant des paillettes de bonheur. Comment contrôler le film qui passe par son œil sur la pellicule du regard ? Est-ce un art qui s'apprend ? On tâche de nous l'apprendre devant l'œil puissant de la caméra. Ce surpuissant œil qui avance et fouille le regard. Je me suis déjà fait attraper en flagrant délit de mensonge. De contradiction. J'ai voulu en mettre plein les yeux, enflant ma voix d'émotions fortes. Ce procédé n'intéresse pas le cinéaste. Je me le suis fait dire. C'est sans pitié. La voix doit suivre l'émotion, pas la précéder. Et c'est l'œil, le détecteur de vérité. C'est plus facile à voir par écran géant en haute résolution qui grossit l'iris de la pupille ... J'ai pris l'habitude de grossir l'iris de la pupille de l'autre, même dans la vie. C'est la plus juste des cartes de visite. Jamais imprimée une fois pour toutes, avec ses prétentions noir sur blanc. D'une minute à l'autre, la vérité s'invente, le mensonge aussi. Est-ce que je vous ai dit que je voulais vous parler de ma photo ? Ça paraît pas beaucoup ! J'en avais peu à dire sur elle puisque le regard a pris le dessus. J'en suis la première surprise. J'assiste à mon écriture en même temps que vous, surtout ici, à la babillarde où j'ai décidé d'ouvrir la digue, que la chute de mots coule sans ses Chut ! Avec mon veston gomme balloune, mon collier en graines de citrouille, et ma casquette ballon, je suis déguisée en hippie. Samedi, dans le party de pendaison de la crémaillère de nos voisins, c'était l'habillement de rigueur. Y croyez-vous ? Est-ce que l'œil va avec le costume ?
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