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mercredi 03 novembre 2010

La vie de château

Par Venise

Bien non, je n'ai pas perdu ma langue, et ne l'ai pas non plus donné à mes chats. Pourtant, la vie aujourd'hui a bien essayé de déjouer mon intention en m'envoyant d'urgence chez l'optométriste pour un vitré qui s'affaissait. Comment l'ai-je détecté ? Par des mouches volant dans mon champ de vision, et qui sont d'ailleurs là pour rester, mais que, parait-il, mon cerveau va finir par estomper (brave cerveau va !). Phénomène normal pour une personne de cinquante ans et plus qui est sévèrement myope, mais tout apparait effrayant quand on parle de l'œil, n'est-ce pas ?! Mais, même si c'est normal, ça peut entrainer des complications, pas moins qu'un décollement de la rétine. C est arrivé à mon frère, lui aussi très myope, ce qui l'a mené à trois opérations ; deux au laser et une avec le bistouri. Vous imaginez combien j'avais à cœur de passer les tests d'usage dans un tel cas : champ visuel Humphrey et un autre sous dilatation (cycloplégie) ! Finalement, tout est beau. Seule recommandation : pendant six à huit mois, porter attention au moindre changement de ma vision et avoir à l'œil les flashs ou les éclairs. Et repasser le test à la fin de cette période.

Nous pouvons donc aller vivre notre vie de châtelains en toute quiétude. Eh oui, imaginez-vous donc que demain matin, nous quittons pour le Château Frontenac à Québec. Je n'aurais jamais cru qu'un jour se soit réalisable, à moins de gagner un bon magot, et encore !

Tout a commencé par un besoin de repérage pour le projet « Colis 22 », roman graphique en cours par mon bédéiste préféré, MARSI. L'action se déroulera entièrement dans la ville de Québec, ville qu'il adore, et une partie de l'action entre les hauts murs du Château Frontenac. MARSI est un homme qui se délecte de détails, dans son dessin et dans ses textes, il n'était donc pas question d'y aller à peu près. Comment faire pour obtenir une permission de déambuler dans des suites présidentielles et, pire, prendre des photos ? Et connaître certaines habitudes dans les ascenseurs, escaliers, à la réception notamment. De fil en aiguille, mais surtout de coups de fil en coups de fil, l'assistante directrice des relations extérieures du Château acceptait de nous rencontrer pour une visite adaptée à nos besoins.

Ce n'est pas tout, coup de pouce du hasard, j'ai appris que tout le mois de novembre, c'est la promotion « Noël en novembre » au Château, pour les résidents de la province de Québec seulement. Les chambres bas de gamme sont donc à 129 $ la nuit. J'étais soufflée, moi qui m'imaginais toutes les chambres tourner autour du 400 $ la nuit. Qu'est-ce que vous pensez qu'on fît ?

Eh oui ! Nous y serons deux nuits et j'ai bien hâte de voir l'effet que va me faire, cette sensation de richesse. Le « rouler sur l'or » m'indispose pour le côté factice et cette idée qui s'incruste en moi ; pourquoi tant de richesse quand certains sont démunies. Mais cette fois, la vie qu'il y a entre ces murs, la richesse de l'histoire m'interpelle. Entre ces murs, il y a une histoire à lire.

Et je compte bien me faire lectrice.

 


dimanche 18 avril 2010

À côté du Salon

Par Venise

Ça fait déjà une semaine déjà de cette visite au Salon international du livre de Québec. La Babillarde manque de spontanéité .. ou de temps !

Au Passe-Mot, mon compte-rendu a abordé le côté roman plus que celui bandes dessinées, à une exception près, Ben. D'ailleurs, je m'ennuie de Ben et Olivia, mon couple à la retraite, je n'ai même plus le temps de les visiter ces temps-ci. Du coup, ça vous donne l'indice ultime du pourquoi j'apprécie tant ce couple : leur vie tranquille, mais pas plate ! Ce juste équilibre dans l'activité, j'aime le lire faute de le vivre !

Je pénètre de plus en plus l'univers de la bande dessinée et je l'ai réalisé plus que jamais au Salon. Par l'attraction. Mes pieds se dirigeaient irrésistiblement vers le secteur bande dessinée. On peut y voir l'attraction des énergies, une force inconnue des mondes parallèles qui guide mes pas ou, plus prosaïquement, voir que cette section occupe le neuvième (art !) du Salon. Peut-être un huitième. S'y trouvent deux tribunes publiques : un espace conférence avec une cinquantaine de sièges (j'ai attrapée celle de Michel Rabagliati et Philippe Girard à la fin, j'étais déçue) et une autre avec un écran où le bédéiste invité dessine devant nous. J'ai assisté au dessin en direct de Leif Tande, c'était très amusant ! Tout le monde riait de bon cœur !

Une fois mes jambes reposées, je me promenais dans l'allée des kiosques de bandes dessinées, les yeux écarquillés, à la recherche de trésors pour mon Marsi qui, lui, était attablé à ses dédicaces au kiosque La Pastèque. Je lui ai déniché une planche imprimée, numérotée et signée Régis Loisel (le manitou de Magasin Général) représentant l'impudique fée Clochette, une revue de Québec Bazzart, numéro spécial BD, et j'ai attendu pour la superbe dédicace de Philippe Girard « Tuer Vélasquez » selon son désir. Marsi a aussi fait l'acquisition de « Jimmy et le Bigfoot » de Pascal Girard. Mon petit nombril de Pascal Colpron et le dernier et non le moindre, un superbe album carré et bleuté de 376 pages « L'origine de la vie » de Leif Tande.

Marsi y a été de sa collecte de deux albums collectifs des étudiants finissants de l'EMI (École Multidisciplinaire de l'image) où Sylvain Lemay enseigne l'histoire, la sémiologie et la scénarisation de la bande dessinée. Nous en avons profité pour rapporter le collectif qu'il a dirigé Regards sur la bande dessinée aux éditions Les 400 coups. On s'est gâtés que je vous dis !

Mais la cerise sur le sundae a été ce souper La Pastèque au Bistro du Clocher penché, vécu comme une bulle en dehors du temps en compagnie des bédéistes Paul Bordeleau - Faüne, Michel Rabagliati, - Les « Paul », Leif Tande, Pascal Colpron «Mon petit nombril » et bien sûr, mon Marsi - Miam miam fléau (sorti en France cette semaine !).

Je me suis passé une remarque à la suite de ce souper en égard aux cinq bébéistes autour de cette table animée : tous des hommes allumés et sensibles, ces bédéistes. De cette sensibilité qui s'explose dans la création.

Délicieux souvenirs.


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