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conférence Miam miam fléau école interview Marsi rencontre Venise

mercredi 17 mars 2010

Marsi et Venise au secondaire 2 et 3

Par Venise

Il faut que je vous raconte. Hier, Marsi et moi avions le trac et comme toujours à ce moment-là, on se demande pourquoi s'être embarqués dans une galère pas possible. Nous étions attendus à la chapelle du collège Mont Ste-Anne à Sherbrooke devant 78 étudiants (garçons seulement) du secondaire 2 dans la première heure et du secondaire 3, l'heure suivante.

Marsi réfléchissait à sa présentation depuis quelques semaines. Perplexe par la question de l'organisatrice « désirez-vous un écran ? », il se demandait qu'est-ce qu'il avait tant à offrir ; des mots, seulement des mots ; comment arriverait-il à capter l'attention de cette jeunesse pleine de vie ? C'est une chose que de présenter un bref exposé dans une classe du primaire chauffée à bloc par le prof qui a déjà fait lire l'album (étant presqu'attendu comme un héro !) suivi d'exercices avec les enfants sur Miam miam fléau et une conférence, ce mot terrible qui appelle certains images de ronflements d'ennui confiné à son banc.

Marsi a trouvé la forme que prendrait sa conférence en m'arrivant un jour avec cette idée : je vais m'auto interrogé. J'ai tout de suite imaginé Marsi sauter comme un kangourou, sortant et rentrant dans ses rôles d'interviewer, intervieweur ... J'avais des doutes, l'idée n'étant pas que la forme comique occulte le message. Mon homme est un drôle de bonhomme mais il n'est pas un humoriste de métier. « Tu n'as jamais pensé à me demander de t'interroger ? » fut ma question, « Oui, mais je ne voulais pas t'imposer ça » fut sa réponse.

Marsi a préparé les questions que j'ai lues l'avant-veille et nous avons « fait semblant » de s'interviewer la veille. J'ai réalisé tout à coup qu'il serait intéressant quand Marsi parle de ses personnages qu'il puisse les dessiner sur un tableau. Nous n'avions pas pensé à le demander ... au lieu de l'écran. C'est donc quelques heures avant notre prestation, nous avons déposé notre requête sur le répondeur de l'organisatrice. Nous nous retrouvâmes sur la scène d'une chapelle, moi assise sur un tabouret haut, Marsi debout devant un tableau vert qui avait fait, non pas la guerre, mais les guerres. Il était abîmé et crevassé, à peine si nous discernions le dessin de Marsi. Nous allions donc miser sur nos mots, qu'ils soient assez bondissants pour rejoindre ces jeunes.

L'interview devant le secondaire 2 a été une expérience des plus heureuses ; les jeunes gigotaient sur leur chaise, fébriles, nerveux, éveillés, nous entendions des grappes de rires et d'excellentes questions. Marsi avait augmenté son énergie, il donnait tout son jus, je l'encadrais de mes questions, ne l'animant nullement puisqu'il le faisait lui-même. Les profs ont eu des questions très pertinentes, impliquées, une très belle ambiance, nous étions contents, ce n'était pas si terrible finalement.

Fort de cette expérience, il s'agissait de tout de suite enchaîner avec le secondaire 3.

En partant, c'était clair que nous n'avions pas du tout affaire à la même énergie, celle-ci canalisée vers un but : ne pas avoir l'air trop intéressé. Comme j'ai tendance à foncer dans ce genre d'écran quand j'en vois un, histoire de soupeser son épaisseur, j'ai demandé qui aimerait devenir auteur de bande dessinée. Euh ... personne !! Pourtant, ils n'avaient pas encore posé la dizaine de questions pour évaluer si c'est un métier payant ! Faut dire, à leur décharge, qu'ils n'avaient pas vu l'album auparavant, encore moins lu. Marsi a eu un peu de difficulté, en partant, son énergie était plus basse, si on rajoute des réactions différentes qui sont arrivés à le déconcentrer, pour ne pas le déconcerter. De mon côté, j'ai eu la surprise de me voir m'adapter à cette énergie, faisant glisser mon humeur vers du plus « cool », me sentant tout à coup légère, comme si rien n'était grave et sérieux dans la vie. Plus détendue, j'ai osé quelques blagues pas osées mais qui ont été interprétées dans ce sens (je vous laisse deviner lequel, de la part de jeunes attaqués par un trop-plein d'hormones). Pourtant, une année de différence seulement avec le groupe précédent !

Nous avons beaucoup apprécié le respect qu'ils nous ont porté malgré que le sujet semblait les intéressés plus ou moins. La période de questions a commencé avant le signal, ce qui fut une excellente initiative de leur part. Un jeune homme s'est acharné à en poser cinq ! Un autre en a posé une qui m'a surprise, c'était la première fois que je l'entendais celle-là : « Accepteriez-vous que votre histoire soit portée en dessins animées ? ». J'ai appris les réticences de Marsi en même temps que tous. Il allait férocement surveillé comment ses personnages aillent vivre sur pellicule. À noter que les questions de l'ordre mercantile ; combien ça rapporte, en vit-on, est-ce qu'on peut se passer des maisons d'édition sont restés à l'avant-scène. On prépare son avenir en hommes d'affaires à cet âge-là !

Nous nous en sommes sortis sains et saufs et comme pour toute expérience, nous avons appris. Et probablement autant ou sinon plus que les jeunes !


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