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Il faut que je vous raconte. Hier, Marsi et moi avions le trac et comme toujours à ce moment-là, on se demande pourquoi s'être embarqués dans une galère pas possible. Nous étions attendus à la chapelle du collège Mont Ste-Anne à Sherbrooke devant 78 étudiants (garçons seulement) du secondaire 2 dans la première heure et du secondaire 3, l'heure suivante.
Marsi réfléchissait à sa présentation depuis quelques semaines. Perplexe par la question de l'organisatrice « désirez-vous un écran ? », il se demandait qu'est-ce qu'il avait tant à offrir ; des mots, seulement des mots ; comment arriverait-il à capter l'attention de cette jeunesse pleine de vie ? C'est une chose que de présenter un bref exposé dans une classe du primaire chauffée à bloc par le prof qui a déjà fait lire l'album (étant presqu'attendu comme un héro !) suivi d'exercices avec les enfants sur Miam miam fléau et une conférence, ce mot terrible qui appelle certains images de ronflements d'ennui confiné à son banc.
Marsi a trouvé la forme que prendrait sa conférence en m'arrivant un jour avec cette idée : je vais m'auto interrogé. J'ai tout de suite imaginé Marsi sauter comme un kangourou, sortant et rentrant dans ses rôles d'interviewer, intervieweur ... J'avais des doutes, l'idée n'étant pas que la forme comique occulte le message. Mon homme est un drôle de bonhomme mais il n'est pas un humoriste de métier. « Tu n'as jamais pensé à me demander de t'interroger ? » fut ma question, « Oui, mais je ne voulais pas t'imposer ça » fut sa réponse.
Marsi a préparé les questions que j'ai lues l'avant-veille et nous avons « fait semblant » de s'interviewer la veille. J'ai réalisé tout à coup qu'il serait intéressant quand Marsi parle de ses personnages qu'il puisse les dessiner sur un tableau. Nous n'avions pas pensé à le demander ... au lieu de l'écran. C'est donc quelques heures avant notre prestation, nous avons déposé notre requête sur le répondeur de l'organisatrice. Nous nous retrouvâmes sur la scène d'une chapelle, moi assise sur un tabouret haut, Marsi debout devant un tableau vert qui avait fait, non pas la guerre, mais les guerres. Il était abîmé et crevassé, à peine si nous discernions le dessin de Marsi. Nous allions donc miser sur nos mots, qu'ils soient assez bondissants pour rejoindre ces jeunes.
L'interview devant le secondaire 2 a été une expérience des plus heureuses ; les jeunes gigotaient sur leur chaise, fébriles, nerveux, éveillés, nous entendions des grappes de rires et d'excellentes questions. Marsi avait augmenté son énergie, il donnait tout son jus, je l'encadrais de mes questions, ne l'animant nullement puisqu'il le faisait lui-même. Les profs ont eu des questions très pertinentes, impliquées, une très belle ambiance, nous étions contents, ce n'était pas si terrible finalement.
Fort de cette expérience, il s'agissait de tout de suite enchaîner avec le secondaire 3.
En partant, c'était clair que nous n'avions pas du tout affaire à la même énergie, celle-ci canalisée vers un but : ne pas avoir l'air trop intéressé. Comme j'ai tendance à foncer dans ce genre d'écran quand j'en vois un, histoire de soupeser son épaisseur, j'ai demandé qui aimerait devenir auteur de bande dessinée. Euh ... personne !! Pourtant, ils n'avaient pas encore posé la dizaine de questions pour évaluer si c'est un métier payant ! Faut dire, à leur décharge, qu'ils n'avaient pas vu l'album auparavant, encore moins lu. Marsi a eu un peu de difficulté, en partant, son énergie était plus basse, si on rajoute des réactions différentes qui sont arrivés à le déconcentrer, pour ne pas le déconcerter. De mon côté, j'ai eu la surprise de me voir m'adapter à cette énergie, faisant glisser mon humeur vers du plus « cool », me sentant tout à coup légère, comme si rien n'était grave et sérieux dans la vie. Plus détendue, j'ai osé quelques blagues pas osées mais qui ont été interprétées dans ce sens (je vous laisse deviner lequel, de la part de jeunes attaqués par un trop-plein d'hormones). Pourtant, une année de différence seulement avec le groupe précédent !
Nous avons beaucoup apprécié le respect qu'ils nous ont porté malgré que le sujet semblait les intéressés plus ou moins. La période de questions a commencé avant le signal, ce qui fut une excellente initiative de leur part. Un jeune homme s'est acharné à en poser cinq ! Un autre en a posé une qui m'a surprise, c'était la première fois que je l'entendais celle-là : « Accepteriez-vous que votre histoire soit portée en dessins animées ? ». J'ai appris les réticences de Marsi en même temps que tous. Il allait férocement surveillé comment ses personnages aillent vivre sur pellicule. À noter que les questions de l'ordre mercantile ; combien ça rapporte, en vit-on, est-ce qu'on peut se passer des maisons d'édition sont restés à l'avant-scène. On prépare son avenir en hommes d'affaires à cet âge-là !
Nous nous en sommes sortis sains et saufs et comme pour toute expérience, nous avons appris. Et probablement autant ou sinon plus que les jeunes !
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Nous avons fait le Salon du Cadeau de Eastman, loué une table dans ce salon artisanal annuel. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, mais nous tenions à présenter « Miam miam Fléau ». Ça a été au-delà de toutes nos espérances. Marsi qui pensait se reposer, ou prendre de l’avance dans certaines dédicaces d’albums déjà vendus, n’a pas arrêté de la fin de semaine. Et ce n’est même pas une manière de parler ! Croyez-le ou non, j’ai dû lui faire manger son sandwiche ! J’avais même peur qu’il me mange les doigts tellement il était affamé. Il était autour de 15 h faut dire avec seulement quelques bricoles dans l’estomac, réveil trop tardif pour déjeuner avant de partir. Pauvre lui, il n’a jamais eu le temps de se lever et d’aller faire la tournée des autres tables. Une artisane le taquinait, il devait être assis sur de la « crasy-glue ».
C’est sûr qu’il n’a pas perdu son habitude de gâter ses lecteurs en leur offrant une dédicace élaborée. D’ailleurs, c’était le côté « artisanal » du Salon que cette dédicace sur commande et personnalisée. Paraîtrait-il que les gens entraient dans le resto tout à côté « Les 3 grâces », chacun s’exclamant sur sa dédicace, c’est la patronne qui est venue nous le dire en personne.
J’ai eu l’occasion de réaliser jusqu’à quel point Marc a une mémoire visuelle impressionnante. Un moment donné, une jeune femme se présente devant nous, il lui déclare avec aplomb : « Je vous connais ! » Il la regardait avec un sourire en coin, tandis qu’elle cherchait, se sentait un peu mal de ne pas le reconnaître, continuant à scanner chaque cellule de son cerveau, histoire d’y repérer la bonne tranche de vie. Finalement, ils avaient étudiés ensemble, en graphisme au cegep de Sherbrooke voici 25 ans. Belle retrouvaille, elle habite maintenant Eastman. C’est pour dire !
Je ne suis pas certaine que l’on ait fait beaucoup de profit à la quantité d’objets que j’ai achetés ! Un salon du cadeau, c’est aussi un échange de cadeaux entre artisans. Je ne signifie pas par là que nous sommes restés entre artisans, j’ai été impressionné par l’achalandage. Les gens entraient régulièrement, nous étions la première table en face de la porte d’entrée, très chanceux, je vous dis. Une ambiance remplie de joie et de sérénité. Amenez-en des Salons comme ça ! D’autant plus qu’on y a vendu encore plus que dans un Salon du livre. Moins de concurrence faut dire !
Prochaine étape de dédicace pour Marsi :
La Librairie Imagine, 351 boul. Samson, Laval (450-689-4624) - Localisation en cliquant ici. Ce samedi – 12 décembre - DE 13 h 30 à 16 h 00
Parfait pour un cadeau de Noël personnalisé pour un jeune. Difficile cependant de lui faire croire que c’est le Père Noël qui l’a dédicacé ! (de toutes manières, il n’a sûrement pas autant de talent que Marsi !). Mais comme il s’adresse à 9 ans et plus, pour cet âge, le Père Noël est un papa qui a chaud sans son ensemble rouge et blanc et qui en profite pour se gaver de biscuits en embrassant la reine du foyer :-) ...
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Aucune conscience de quel jour on est, le symptôme par excellence des vacances ! Décrocher du temps et des habitudes ... pour en reprendre d’autres ! Toutes nos habitudes tournent autour de l’agate, faut le faire quand même ! Arrivés à Nouvelle, nous avons couché dans un presbytère À l’abri du clocher dans la chambre de Monseigneur. Le lendemain, dès 10 h 00, direction d’une plage secrète côtoyant celle du Parc de Miguasha. Plage anti-touriste : pas de toilette, pas d’ombre ni d’ombrelle, et encore moins de banc. Des troncs d’arbre si vraiment vous n’en pouvez plus d’être debout. Marc, lui, vit penché. Drôle de numéro, vous dites-vous. C’est vrai. Et que j’aurais aimé vous le montrer dans plusieurs positions de cueillette, mais en tant que nouveaux propriétaires d’un appareil photo numérique, nous avons oublié le fil pour transférer les photos sur mon ordi. Alors, promis, les images au retour! Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque de vous les montrer ces photos. Comme aujourd’hui, sur la plage de l’Anse-à-Beaufils, je me suis amusée comme une petite folle. Marc n’en revenait pas, j’ai réussi à décharger les piles.
À la Vieille Usine, je m’installe avec mon portable sur un sofa dans une vaste salle d’exposition qui sert aussi de hall à la salle de spectacle. Hier, très concentrée sur mon travail, suant sur mon commentaire de lecture de Matamore no 29, j’entendais une pratique avec des musiciens, je trouvais qu’il y en avait un qui avait la voix de Daniel Lavoie. Normal, il y donnait un spectacle en soirée, ce que j’ai fini par apprendre ! Il est sûrement passé à côté de moi au moins deux fois pour entrer et sortir mais une fille à l’ouvrage, c’est une fille à l’ouvrage. Je relève la tête quand on me demande un renseignement, ce qui est chose courante, on me prend pour quelqu’un de la place. C’est presque vrai !
Aujourd’hui, nous avons couru après la Pit Caribou, une bière fabriquée toute à côté de La vieille Usine. Nous sommes allés frapper à leur porte, c’était assez mort, nous avons lu une petite pâlotte pancarte : « épuisement des stocks ». Coudon ! Ils en ont dans les restos pourtant ! Nous sommes allés en boire une à la Vieille Usine et le serveur nous a expliqué que la Pit Caribou est dépassée par son succès. Ils ont rajouté la blanche cette année, une laiteuse assez bonne merci. N’allez pas croire que je suis friande de bière, j’aime un peu la blanche, et cette blanche-là un peu plus qu’un peu. Marc, lui, l’adore et il voulait en apporter aux amis puisque vous vous doutez bien qu’elle n’est pas distribuée bien loin, même pas dans toute la Gaspésie. Nous avons aussi appris qu’il n’y avait qu’une cuve de brassage et trois employés, ils brassent donc une seule bière à la fois. Je me suis dit qu’il n’y avait pas que les stocks qui devaient être épuisés ! On nous a rassurés, ils vont prendre de l’expansion. Pendant l’hiver j’imagine. À Percé, tout prend de l’expansion en hiver. C’est à cette saison morte que tous les habitants travaillent à l’amélioration, pendant que la visite vient pas de peur d’attraper le rhume (s’cusez ... je babille et n’oubliez pas que j’ai bu une blanche).
Bon, où en étais-je ? Demain, c’est Barachois. Nous arpenterons un barachois au village Barachois, à côté de Coin du banc. Nous dînerons au Café Couleur, absolument délicieux, recettes des ancêtres mis au goût du jour et à un prix moins « commercial » qu’à Percé même.
Ah oui, j’oubliais complètement de vous dire j’ai pris une mouette pour Marsi aujourd’hui. Il était vêtu de vêtements assez pâles et comme la plage est ultra longue et que l’on avait oublié les walkie-talkie à la chambre, je voyais un point blanc au loin, j’ai pensé que c’était lui ... jusqu’à un certain moment évidemment. J’ai demandé à un autre cueilleur s’il avait vu Marc, le décrivant comme un cueilleur et il m’a montré une agate assez grosse. J’ai fini par être capable de couper court à la conversation (pas évident tout le monde est babillard ici !) pour retrouver mon mari avant que je crois qu’il ait été emporté par une forte vague. J’ai refait le chemin en sens inverse et cette fois je l’ai aperçu faisant corps avec le sable. Il était temps qu’on aille dîné au casse-croute de l’Anse que je réfère à tout le monde. Si vous allez à Percé et qu’après deux ou trois buffets au homard, vous voulez manger du poisson mais à prix plus qu’abordable, c’est là qu’il faut aller. Je suis jamais tombé sur un plat raté ou moins bon et tous les desserts sont fait maison.
Bon, assez babillé moi là !
À la prochaine !
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